Immigration : la Ligue des droits de l’homme s’en prend à Fabrice Leggeri, ancien directeur de Frontex
Un pas de plus vers le « gouvernement des juges », ou à tout le moins une judiciarisation de la vie politique et administrative lourde de conséquence. La Ligue des droits de l’homme (LDH) a obtenu mardi qu’un juge soit bientôt saisi pour enquêter sur Fabrice Leggeri, ancien directeur de Frontex, l’organisme européen chargé de contrôler les frontières extérieures et notamment de faire la chasse aux passeurs en Méditerranée. Elle l’accuse de rien de moins que de complicité de crimes contre l’humanité (rappelons que ce concept juridique a été créé en 1945 pour juger les Nazis et qu’il désigne une « violation délibérée et ignominieuse des droits fondamentaux d’un individu ou d’un groupe d’individus inspirée par des motifs politiques, philosophiques, raciaux ou religieux ») et de torture pour avoir mené une « chasse aux migrants » dans ses anciennes fonctions.
L’agence de l’Union européenne chargée du contrôle des frontières était dirigée par Fabrice Leggeri entre janvier 2015 et avril 2022. En 2024, il avait rejoint le Rassemblement national comme numéro 3 de sa liste pour les élections européennes. A la tête de Frontex, il a régulièrement été accusé par les ONG de tolérer des refoulements illégaux de migrants, s’imposant comme un défenseur de l’imperméabilité des frontières européennes. La LDH l’accuse d’avoir « encouragé » ses agents à faciliter les interceptions d’embarcations de migrants par les autorités libyennes et grecques.
Après un parcours procédural de deux ans, cette plainte a abouti à l’ouverture d’investigations sur décision le 18 mars de la cour d’appel de Paris. Le Parquet national antiterroriste (PNAT) avait estimé que le pôle crimes contre l’humanité était incompétent pour instruire cette plainte. Les « mesures de refoulement reprochées aux autorités grecques ne constituent pas selon notre analyse des crimes contre l’humanité ou des actes de torture au sens de la convention de New York », avait expliqué le PNAT en août 2024.
Cette plainte a, en l’état, peu de chances d’aboutir, mais illustre la manière dont des ONG essayent de judiciariser leur combat politique. Par exemple, selon leur logique, un garde-côte, un gendarme, ou un policier pourrait être poursuivi pour avoir fait obstacle à la migration en France de quelqu’un provenant d’un pays considéré comme dangereux (sans préjuger du fait qu’empêcher Frontex d’agir ne pouvait que constituer un encouragement auprès des réseaux de passeurs criminels).
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