Référendum sur la justice : pari perdu par Giorgia Meloni
Une réforme phare du système judiciaire italien, défendue par le gouvernement de Giorgia Meloni, aurait été rejetée à l’issue d’un référendum organisé dimanche et lundi, selon des sondages à la sortie des urnes. Le non obtiendrait 54%, après le dépouillement des bulletins de plus de la moitié des bureaux de vote, indiquait lundi après-midi le site du ministère de l’Intérieur.
Un échec du référendum serait un coup dur pour Mme Meloni, qui dirige depuis octobre 2022 un gouvernement de coalition d’une stabilité inhabituelle. Elle a toutefois exclu catégoriquement l’idée de démissionner en cas de défaite.
Les Italiens étaient appelés à se prononcer sur une réforme qui prévoit de séparer les fonctions de juges et procureurs, divisant le Haut conseil de la justice (CSM) en deux organes autonomes dont les membres ne seraient plus élus mais désignés par tirage au sort. Le gouvernement faisait valoir, non sans raison, que le système actuel porte des risques importants de corruption, voire d’influence mafieuse sur les magistrats, tandis que l’opposition, non sans raisons aussi (puisque le dossier est complexe), estimait que le projet pouvait menacer l’indépendance de la justice.
Plus généralement, tout référendum sur des questions existentielles (donc au-delà de ceux très concrets sur des sujets parfois minuscules pratiqués en Suisse) est bienvenu pour revitaliser la démocratie, à l’heure où la volonté populaire semble confisquée par des élus très souvent indifférents aux désirs des électeurs. L’initiative n’est toutefois pas sans risque, ainsi que l’illustre le référendum sur le Brexit au Royaume-Uni, ou que l’illustrerait peut-être une consultation populaire sur les impôts ou les dépenses publiques en France. En même temps, l’espoir « est un risque à courir ; c’est même le seul qui en vaille la peine », disait Bernanos.
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