L'élection d'Eric Ciotti, nouvelle épine dans le pied des JO-2030
"Si je suis élu maire, ça ne se fera pas comme ça", avait martelé en décembre le candidat UDR-RN, se disant même "prêt à consulter les Niçois par référendum" si on tentait de lui forcer la main.
La Baie des Anges - un des quatre grands pôles des Jeux olympiques et paralympiques qui se tiendront en France dans moins de quatre ans - doit générer 60% des revenus en billetterie. Elle concentrera les épreuves de hockey sur glace, patinage artistique, short-track et curling, sans oublier la cérémonie de clôture.
Le projet Alpes 2030 prévoit d'installer un toit temporaire sur le stade niçois de l'Allianz Riviera et d'y aménager deux patinoires pour le hockey. Le village olympique serait construit à proximité, ainsi qu'un grand complexe sportif abritant une nouvelle patinoire pérenne dédiée elle au patinage artistique.
"Sur le principe, je suis favorable aux Jeux olympiques", résumait Eric Ciotti fin 2025. Mais "je ne souhaite pas qu'on utilise le stade de l'Allianz Riviera, qu'on le bloque pendant plusieurs mois et que notre équipe (l'OGC Nice) soit contrainte de jouer ailleurs, pour un coût de 80 millions d'euros".
Le futur maire n'a pour l'instant pas indiqué où il envisage d'organiser les épreuves de hockey. Concernant le patinage artistique, il souhaite aménager le Palais des expositions, dans le centre ville, pour en faire un palais des sports pérenne. Et il propose d'ériger le village des athlètes à proximité, sur le terrain d'une caserne de police, à près de quinze kilomètres du site prévu par les organisateurs des Jeux.
"Plan B"
Son élection aux municipales crée "un problème réel", a estimé lundi auprès de l'AFP Renaud Muselier, président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, co-hôte de ces Jeux avec Auvergne-Rhône-Alpes.
"Ça mérite quelques explications de texte pour voir si c'est viable à Nice, sinon il faudra réévaluer", a souligné Muselier, qui préside aussi la Solideo, établissement public chargé de la livraison des ouvrages.
"Je n'hésiterai pas à tout changer s'il le faut", a-t-il insisté, assurant avoir "un plan B" sur lequel il n'a pas voulu donner de précisions.
Des projets alternatifs du nouveau maire de Nice, il dit: "Moi je ne suis pas compétent mais on me dit que c'est du niveau d'un championnat du monde juniors."
Sollicitée toute la journée par l'AFP, l'équipe d'Eric Ciotti n'a pas réagi lundi. Ce dernier a cependant assuré en fin de journée sur France 3 qu'il avait parlé dans l'après-midi avec Renaud Muselier "pour la première fois depuis plusieurs années".
Le ministère des Sports, le Comité d'organisation (Cojop) tout comme la Solideo n'ont pas souhaité faire de commentaire.
Carte définitive des sites
Il faut "laisser les nouvelles équipes arriver, prendre leurs marqes et se saisir des dossiers", indique une source proche du dossier, tandis qu'une autre source estime que "les résultats des élections relèvent du débat politique".
En février, l'AFP avait interrogé Christophe Dubi, directeur exécutif des Jeux au sein du Comité international olympique (CIO), sur les incertitudes que pourraient générer les élections municipales françaises sur le projet. "Ce n'est pas pour autant qu'on va laisser tomber un dispositif qui est celui prévu depuis quelques années", avait-il répondu, déclarant alors qu'il n'y avait "pas de plans B et C".
La carte définitive des sites devant accueillir les épreuves en 2030 doit être dévoilée fin juin. Nul doute que la situation à Nice sera au menu des prochaines réunions du Cojop, notamment de son bureau exécutif prévu le 20 avril.
L'instance, affaiblie par une série de départs dont celui de son directeur général Cyril Linette, bénéficie du renfort temporaire de l'ex-préfet Michel Cadot, ancien délégué interministériel aux Jeux de Paris-2024, afin de "garantir la stabilité et l'avancement des dossiers stratégiques".
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