Le collapsologue Paul R. Ehrlich, qui s’est trompé sur tout, est mort à l’âge de 93 ans
Biologiste, démographe et professeur à l’université de Stanford, Paul R. Ehrlich a rendu l’âme le 13 mars 2026 à l’âge de 93 ans. C’est en 1968 qu’il publia The Population Bomb (La Bombe P), l’ouvrage qui l’a fait connaître et dans lequel il prédisait une famine inévitable d’ici 1980 à cause de la croissance de la population mondiale. Une thèse qui s’est révélée fausse, encore plus avec le recul. Entre 1970 et 2022, la population mondiale est passée de 3,69 milliards à 8,02 milliards d’êtres humains, soit une augmentation de plus de 117 %. La part vivant dans une pauvreté extrême (et donc plus susceptible de mourir de famine) n’était plus que de 10,8 % en 2022, contre 43,39 % en 1990. Autrement dit, l’humanité n’a jamais été aussi nombreuse, riche et n’a jamais autant consommé, sans qu’il en résulte pour autant un effondrement civilisationnel.
Ce n’est pas tout. On observe une baisse de la natalité dans presque tous les pays du monde depuis au moins les années 50, sans que des politiques criminelles de type stérilisation forcée n’aient été mises en œuvre (ce que défendait Ehrlich dans Ecoscience: Population, Resources, Environment).
La vision d’Ehrlich était simpliste parce que linéaire, quand elle ne tombait pas dans le scientisme. La réalité des chiffres était-elle suffisante pour la remettre en cause ? Quarante ans après la publication de son ouvrage, et après avoir perdu définitivement son pari sur l’épuisement des ressources, Paul R. Ehrlich était toujours persuadé d’éclairer, d’une manière ou d’une autre, la « crise alimentaire, énergétique et environnementale ». Selon lui, il fallait décider entre « un maximum de personnes sur terre (…) avec un niveau de vie minimum ou bien une population beaucoup plus restreinte qui permette aux individus d’avoir le choix entre plusieurs styles de vie ».
Voilà toutefois un facteur qu’il a sous-estimé : l’ingéniosité humaine permettra toujours à l’homme de trouver des solutions et d’optimiser l’usage des ressources à sa disposition. C’est la raison pour laquelle considérer l’être humain comme une simple bouche à nourrir est une erreur fondamentale – en même temps si fréquemment répandue chez les partisans contemporains de la théorie de l’effondrement ou de la décroissance.
De l’économiste Thomas Malthus au XVIIIème à l’anatomiste Georges Cuvier au XIXème, chaque époque connaît son collapsologue. Les thèses d’Ehrlich étaient probablement plus révélatrices de sa misanthropie que d’un réel souci du bien-être des hommes sur Terre, ou d’une volonté d’améliorer leur condition tout en préservant l’environnement.
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