En 2026, il ne fait pas bon être écologiste dans une grande ville
« Aujourd’hui, ça va être la journée des négociations avant qu’on puisse déposer des listes. Donc vous voyez, cela ouvre des négociations dans une situation qui ressemble aujourd’hui encore à un puzzle, parce que c’est extrêmement éclaté. » affirmait lundi Pascal Perrineau, politologue à Sciences-Po, à propos des plus grandes villes de France.
Rien à voir avec la vague verte d’il y a six ans, où une liste écologiste était arrivée en tête dans 4,8% des villes de plus de 100 000 habitants. Les Verts avaient alors remporté Lyon, Marseille, Bordeaux, Strasbourg et conservé Grenoble.
Après ce premier tour, à peu près aucune liste écologiste n’arrive en tête, ce qui fait moins qu’en 2020… et en 2014. Seuls Grégory Doucet, à Lyon et Pierre Hurmic, à Bordeaux, sauvent les meubles – et encore, en tête d’une liste d’union de la gauche – l’un ne devançant Jean-Michel Aulas que d’un cheveu (37,4% contre 36,8%), l’autre finissant d’une très courte tête (27,7% contre 25,6%) devant deux listes centristes totalisant à elles deux plus de 45% des voix. Disons-le, pour des maires sortants, ce sont des scores médiocres.
Que dire aussi de Jeanne Barseghian, maire (Les Ecologistes) sortante de Strasbourg, arrivée 3e avec 19,7% derrière le candidat de droite (24,2%) et Catherine Trautmann (25,9%) à la tête de la liste socialiste ? Il y a six ans, partout les socialistes se pressaient pour être derrière un écologiste aux municipales, dopés par la vague verte lancée aux élections européennes de 2019. Maintenant ils font ici cavalier seul et ne sont que trop heureux de rappeler l’ancienne mairesse élue pour la première fois en 1989…
Quant à Eric Piolle à Grenoble, il ne s’est même pas représenté ! Après 12 ans à la tête d’une ville qui, selon certaines estimations, se paye le luxe d’avoir dépassé Marseille en dangerosité. Ce qui laisse Laurence Ruffin, en tête d’une liste d’union de la gauche, arriver 2e derrière l’ancien maire Alain Carignon (27% contre 26,3%), qui se présente malgré son passif.
En 2020, dans les grandes villes, les écologistes portaient la gauche au pouvoir. En 2026, ils portent la poisse.
Infographie : Franceinfo
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