Malgré la crise pétrolière, peu de pays se précipitent pour libérer le détroit d’Ormuz
La réouverture du détroit d’Ormuz constitue une urgence absolue, mais comment y parvenir ? Pour l’heure, peu de pays ont répondu positivement à l’appel lancé ce week-end par le président américain à contribuer à la sécurisation du détroit. Celui-ci est fermé de facto par l’Iran depuis fin février 2026, en riposte aux frappes conjointes des États-Unis et d’Israël. Ce passage stratégique voit transiter en temps normal environ 20 % du pétrole mondial.
Cherchant à constituer une coalition militaire pour garantir un approvisionnement pétrolier régulier et limiter la flambée des prix du baril, Donald Trump a déclaré que son administration avait déjà contacté sept pays sans les nommer précisément. Il a toutefois cité explicitement la Chine, la France, le Japon, la Corée du Sud et le Royaume-Uni, entre autres, comme participants espérés. Il a ajouté que l’avenir de l’OTAN pourrait devenir « très mauvais » si les alliés de Washington refusent d’aider à sécuriser le détroit.
Il serait logique que les pays occidentaux, quelles que soient leurs réserves sur les opérations militaires israélo-américaines, assument leurs responsabilités face à une fermeture qui fait exploser les cours du pétrole, menace l’économie mondiale de récession et affecte directement l’emploi et la prospérité chez eux. Certains seraient toutefois fondés à rappeler à Donald Trump qu’il réclame aujourd’hui la solidarité atlantique alors qu’il estimait, il y a encore quelques mois, que l’OTAN « ne servait à rien » et menaçait même de ne pas défendre ses membres en cas d’attaque russe…
Le Japon et l’Australie ont d’ores et déjà annoncé qu’ils ne participeraient pas, pour le moment, à une opération de sécurisation dans ce corridor très difficile à contrôler, compte tenu des capacités iraniennes : missiles côtiers antinavires, mines marines, vedettes rapides d’assaut, commandos, drones et engins de surface sans pilote. La marine américaine elle-même n’a pas encore déployé de frégates dans le détroit et ne le fera probablement pas avant d’avoir neutralisé la majeure partie des menaces, en particulier les rampes de missiles.
Le Premier ministre britannique Keir Starmer a déclaré lundi que le Royaume-Uni ne se laisserait pas entraîner dans une guerre à grande échelle avec l’Iran, mais qu’il collaborerait avec ses alliés à l’élaboration d’un « plan collectif viable » pour rouvrir le détroit d’Ormuz. Le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, a quant à lui rejeté catégoriquement les demandes américaines, affirmant : « Ce n’est pas notre guerre, nous ne l’avons pas déclenchée. » Certes, mais il est difficile de rester passif face à la flambée des prix du pétrole.
Emmanuel Macron a indiqué que plusieurs pays européens et asiatiques envisageaient une mission conjointe de protection, mais seulement une fois le conflit terminé — ce qui risque de reporter toute action concrète aux calendes grecques. Le régime iranien semble en effet avoir identifié la fermeture d’Ormuz comme un levier de chantage mondial extrêmement efficace, et peut-être le seul moyen de sauver sa peau…
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