Soins médicaux en France : les besoins non satisfaits ont augmenté de 221% en 8 ans
Il y a quelques semaines, nous évoquions les besoins médicaux non satisfaits des enfants en Europe, et les chiffres français n’étaient vraiment pas rassurants.
En 2024, le taux des enfants français n’ayant pas reçu les soins dont ils avaient besoin était de 5,7%, ce qui place la France au deuxième rang européen, derrière la Finlande (9,4 %). À l’autre extrême, on trouve la Croatie et Malte, à 0,1%.
Pour comprendre ces chiffres, il est utile de rappeler la définition des besoins non satisfaits selon Eurostat. Il s ’agit d’examens, de traitements ou de soins spécifiques qu’un individu n’a pas pu recevoir pour l’une des trois raisons suivantes : contraintes financières, listes d’attente trop longues, difficulté de déplacement vers un centre de soins.
Malheureusement, si l’on élargit le regard à l’ensemble de la population adulte, le constat reste préoccupant pour la France. En 2024, environ 4,5 % des Français disaient avoir renoncé ou n’avoir pas pu accéder à des soins nécessaires, un niveau bien supérieur à la moyenne européenne, qui s’établit à 2,2 %.
Sur le long terme, la dégradation est réelle. La part des Français déclarant des besoins médicaux non satisfaits a plus que triplé en huit ans, passant de 1,4 % en 2016 à 4,5 % en 2024, soit une hausse d’environ 221 %. À l’inverse, pendant la même période, le niveau moyen au sein de l’Union européenne a légèrement reculé, de 2,5 % à 2,2 %, soit une baisse d’environ 12 %.
Par ailleurs, en points de pourcentage, la France a connu la deuxième plus forte hausse des besoins non satisfaits entre 2016 et 2024 : 3,1 points. Elle se situait ainsi en 2024 parmi les cinq pays de l’Union européenne les plus mal lotis. Seules la Grèce (6,1 %), la Lettonie (6,9 %), la Finlande (7,5 %) et l’Estonie (8,2 %) affichaient des niveaux plus élevés. Quelques nuances cependant, au sein de ce groupe et pour la même période : la Finlande et la France ont connu une aggravation de la situation, la Lettonie est restée stable, alors que la Grèce et l’Estonie ont enregistré une amélioration remarquable, avec des baisses, respectivement, d’environ 49 % pour et 42 %.
En 2023, la France a consacré 11,5 % de son PIB à la santé, ce qui en fait le deuxième pays le plus dépensier d’Europe dans ce domaine. Les choses ne s’améliorent pas pour autant, bien au contraire. Il faudra pourtant faire face à de nouveaux défis, notamment au vieillissement de la population, qui devrait accentuer la demande de soins dans les années à venir. La France devra, non seulement trouver un moyen de maîtriser les dépenses de santé, mais surtout réfléchir sérieusement à une nouvelle organisation du secteur, dont la libéralisation pourrait être une des clés.
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