La France a-t-elle un avenir minier ?
La France a été un grand pays minier. Elle a été le « le berceau de l’extraction de bauxite pour produire de l’aluminium et en a même été la première puissance mondiale des années 1860 jusqu’en 1939, s’appuyant sur les vastes gisements situés dans le Var. Le pays a également extrait plusieurs “petits métaux” entrant dans la composition d’alliages, notamment l’antimoine (s’en hissant d’ailleurs au premier rang mondial de 1890 et 1908) et dans une moindre mesure le tungstène et le manganèse », nous apprend le think tank La Fabrique de l’industrie.
Mais les mines françaises, sous l’effet conjugué de la concurrence internationale et de l’épuisement des ressources, ont commencé à décliner après les Trente Glorieuses (1945-1973). Les dernières exploitations à fermer ont été la mine de zinc de Saint-Salvy (1993), la mine de fer d’Audun-le-Tiche (1997) et la mine d’or de Salsigne (2004). Aujourd’hui, seules deux petites mines de bauxite sont encore en activité.
La transition énergétique, imposée à marche forcée, entraînant d’importants besoins en métaux (lithium, platinoïdes, terres rares, etc.) a relancé la prospection. Des gisements de lithium ont été repérés, nous l’avons mentionné, dans l’Allier et en Alsace. Trois entreprises françaises prévoient d’en commencer l’extraction d’ici 2030, ce qui devrait permettre, selon le Gouvernement, de couvrir 40% des besoins en lithium des usines de batteries électriques installées en France.
Le potentiel minier de la France va au-delà du lithium. Son sous-sol contiendrait encore des ressources de cuivre, de zinc riche en germanium, de tungstène, d’antimoine ainsi que d’or et d’argent. En proportion moindre, on trouve aussi du zirconium, du titane, du molybdène, du tantale et du béryllium.
Iil en va cependant des mines comme des carrières de minéraux industriels. Les exploiter relève du parcours du combattant : lourdes démarches administratives (jusqu’à deux ans pour obtenir un permis de recherche contre 6 à 7 mois en Allemagne ; de 10 à 15 ans entre la découverte d’un indice minier et son exploitation à grande échelle) ; contestation locale de la part des riverains et des associations environnementales (comme dans le cas de projets d’usines).
L’Union européenne veut faciliter l’ouverture de mines sur son territoire. Mais la concurrence extra-européenne présente des avantages que nous n’avons pas : coût de la main-d’œuvre et de l’énergie moins élevé, gisements plus vastes et plus concentrés, absence de critères environnementaux, sociétaux et de gouvernance (ESG). L’ouverture de mines en Europe, en particulier en France, pourrait vite s’avérer un vœu pieux si la simplification administrative et la suppression de normes passaient aux oubliettes.
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