Le manque de concurrence explique en partie le coût élevé de la vie en Suisse
La Suisse est connue pour être un pays particulièrement cher. Les prix y sont environ 60% plus élevés que la moyenne de l’Union européenne (UE), un phénomène appelé « îlot de cherté ».
Dans une note parue le 22 janvier 2026, la Direction générale du Trésor (DGT) attribue cette singularité à la dichotomie de l’économie helvète.
D’un côté, nous avons une partie de l’économie fortement ouverte sur le monde avec une productivité très élevée, d’où un haut niveau de salaires. Le pays, dont la prospérité repose sur le commerce extérieur, cherche constamment à renforcer l’ouverture aux marchés de son industrie. Comme l’explique la DGT, « Un exemple marquant a été l’abolition des droits de douane sur tous les produits industriels en 2024, un moyen d’alléger précisément les coûts des intrants importés et les coûts d’investissement et ainsi de soutenir la compétitivité des secteurs industriels à forte valeur ajoutée (industries pharmaceutiques, technologiques, luxe). »
De l’autre côté, nous avons des pans entiers de l’économie helvète qui demeurent très fermés, essentiellement dans les secteurs primaire et tertiaire, moins intensifs en technologie et utilisateurs de travail moins qualifié.
Ainsi, comme le montre la note, « la protection douanière reste élevée par rapport à l’UE, couplant aux subventions des barrières tarifaires et des quotas d’importation très restrictifs sur les productions étrangères. » Par exemple, les droits de douane sur les produits agricoles importés s’élèvent en moyenne à 21% en Suisse, alors que dans l’UE, ils sont à 8%. « Dans le domaine de la viande en particulier, le marché suisse est encore très fortement isolé des marchés européen et mondial : les droits de douane y atteignent en moyenne 132% (38% dans l’UE). »
Dans le secteur tertiaire aussi, les prix élevés s’expliquent en partie par des barrières d’accès au marché qui limitent la concurrence dans certaines branches. Ces obstacles incluent des réglementations cantonales restrictives entravant la mobilité professionnelle et la concurrence interrégionale. Par exemple, des certifications spécifiques à chaque canton peuvent compliquer l’exercice de certaines professions au niveau national, réduisant la concurrence et maintenant des prix élevés. La libre circulation des personnes avec l’Union européenne est elle aussi encadrée.
Selon une étude du secrétariat d’État à l’Économie de la Confédération helvétique, au début des années 2000, 44% du surcoût des prix suisses étaient dus au manque de concurrence.
Nous le répétons régulièrement, ce sont toujours les consommateurs qui paient le manque de concurrence et les droits de douane censés protéger la production nationale. La défense du consommateur passe par celle du libre-échange.
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