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François-Régis de Guenyveau : "A force de tout moraliser, on s'ennuie à crever"

Et si l'intelligence artificielle, non contente de signer l'arrêt de mort de milliers de métiers, finissait par vivre en lieu et place de l'homme ? Enoncée comme tel, la thèse explorée par François-Régis de Guenyveau dans son génial roman Simulacre (Fayard), couronné du prix littéraire et scientifique Ada* dont L’Express est partenaire, a tous les ingrédients d'une dystopie technophobe concoctée pour dénoncer le danger de l'IA. Et pourtant, c'est précisément l'exact l'inverse que l'écrivain raffine à travers ses lignes.

Dans Simulacre, le véritable péril vient, non pas des intelligences inhumaines, mais bien de l'intelligence humaine ; celle des idéologues ou magnats de la tech qui, exerçant un monopole sur ces technologies de l'avenir, en décideraient. L'IA n'est d'ailleurs pas peinte comme plus dangereuse que l'art (colonne vertébrale du roman), elle est en revanche tout autant que l'art, utilisée davantage comme un moyen qu'une fin : moyen, tantôt de s'enrichir, tantôt d'imposer sa grille de lecture au reste de l'humanité, lorsqu'elle ne sert pas les deux en même temps.

Dans cette mare de cynisme, la liberté d'être agonise. Penser sans modèle préconçu, créer en dehors des injonctions morales, jusqu'à vivre, simplement, devient impossible, peut-être même impensable. Voici là tout le Simulacre. Entretien.

L'Express : Dans Simulacre, vous imaginez une révolution anthropologique sans précédent : une société où le remplacement de l'homme par la machine serait tellement poussé à son paroxysme, que ce dernier n'aurait plus besoin de faire ou de penser parce que l'IA le ferait pour lui. Est-ce là une de vos plus grandes craintes ?

François-Régis de Guényveau : Avant d’en venir aux craintes, je n’oublie pas que ce à quoi nous sommes confrontés est aussi fascinant que prodigieux. J’admire le savoir-faire des développeurs capables de concevoir des outils comme ChatGPT - ou Mistral, achetons français. Mais c’est précisément parce que ce discours est martelé en continu dans l’euphorie générale que j’ai tendance à me réfugier dans les angles morts et à m’assurer qu’on n’a pas oublié quelqu’un ou quelque chose en chemin.

Je crains moins l’obsolescence de l’homme et son remplacement par l’IA que l’idéologie qui sous-tend le projet technologique porté par une poignée d’individus tout-puissants. Nous finirons par encaisser l’humiliation liée à la performance des machines, comme nous finirons par nous organiser pour éviter une scission durable entre une élite détentrice d’un pouvoir considérable et une masse vassalisée - non sans dégâts tout de même, il y a déjà de la casse, voire des générations sacrifiées. Ce qui m’inquiète, c’est ce qui se joue en profondeur : l’idée, de plus en plus dominante, que tout peut être désossé, modélisé, répliqué, programmé. Nous entrons dans un choc non pas des civilisations mais des idéologies : peut-on coder le monde jusqu’à la moindre parcelle de terre, jusqu’à la moindre relation humaine, jusqu’à la moindre production artistique ? Et si c’est possible, est-ce vraiment souhaitable ?

Vous faites dire à l’un de vos personnages qu’avec l’intelligence artificielle, "l’art sera bientôt si réaliste qu’il nous plongera dans une confusion absolue." Mais l’art n’a-t-il pas toujours été une grande opération d’imitation du réel ? En quoi l’IA change-t-elle la donne ?

Une part importante de l’histoire de l’art est effectivement une histoire du réalisme. A mesure que les techniques progressent, l’art affine sa capacité d’imitation du réel. La peinture perspectiviste, la photographie, puis aujourd’hui les images générées et immersives. Mais jusqu’ici, le pacte était clair : il s’agissait de représenter le réel, parfois de l’intensifier, mais toujours à l’intérieur d’une œuvre identifiée comme telle. Ce qui change avec l’IA, et en particulier avec les deepfakes, c’est la rupture de ce pacte. L’objectif n’est plus de rendre le monde intelligible ou sensible, ni de rendre compte de l’existence, mais de produire des artefacts indiscernables. La tromperie est recherchée. La confusion devient une fin en soi.

Qu’est-ce que l’IA modifie également dans le processus créatif ?

Jusqu’ici, le peintre était le maître de son pinceau et de ses couleurs, le photographe de son appareil, l’écrivain de sa syntaxe et de son vocabulaire. Le créateur entretenait un rapport direct, presque charnel avec ses outils. Il agissait, corrigeait, ajustait en temps réel. L’instrument n’était que l’extension directe de son corps et de son esprit. Avec l’IA, ce lien peut se distendre. L’artiste formule une commande (un prompt), la machine mouline, un résultat sort. Entre le moment de l’intuition créatrice et le moment de la production s’intercale désormais un processus opaque, une boîte noire dont il ne maîtrise ni le paramétrage exact ni la mécanique.

Cela dit, tout dépend du type d’IA dont on parle. Dans Simulacre, Maxence Belka, le protagoniste, est d’abord confronté à une IA conçue comme un simple instrument : une technologie qu’il commande par la pensée, qui agit comme le prolongement de son imaginaire. Dans ce cas, la nature de l’art ne change pas : seul son mode d’expression évolue. Mais un second type d’IA apparaît, radicalement différent : une IA qui se substitue à Maxence, comme celles qui se substituent à Hollywood aux scénaristes ou sur Spotify aux chanteurs et compositeurs. Des IA qui produisent à leur place, souvent contre leur gré, à partir de programmes conçus par des développeurs. Là, il y a un saut quantique. La figure traditionnelle de l’artiste cède la place à celle de l’ingénieur. Là où l’art engageait un rapport esthétique, sensoriel, spirituel, fondé sur l’expérience éprouvée de la vie, il devient avec l’IA une affaire de calculs et de maximisation de la valeur marchande.

Se superposent à ces deux modèles d'IA, deux visions de l'art qui s'opposent : d'un côté l'art comme finalité, l'art inutile, l'art apolitique ; et de l'autre, l'art comme moyen, l'art utile, l'art politique au service d'idées. En vous lisant, on a la sensation que vous cherchez à réhabiliter l'une plus que l'autre...

Si l’IA porte en elle la vision politique de ses concepteurs et si elle est capable de prédire ce qui va marcher ou non, alors on peut dire que l’art est attaqué sur deux flancs : il est de plus en plus politisé et de plus en plus marchandisé. Puisque tout est paramétré, le créateur passe à la moulinette des calculs coûts-bénéfices et de l’idéologie. L’artiste désintéressé, détaché des considérations pécuniaires et politiques, est une espèce en voie d’extinction.

Mais Simulacre ne porte-t-il pas justement des messages politiques : l’hypocrisie de ceux qui prônent le bien tout en faisant le mal, la "cancel culture" qui porte les germes de l’autocensure, ou encore les condamnations à mort du "tribunal médiatique"... À tel point qu'on serait tenté de le qualifier de roman "de droite"

(Rires). Même entre humains, il est difficile d’échapper à la politisation de l’art ! La seule dimension politique de Simulacre, c’est de rappeler que l’art ne s’occupe pas de politique. Bien sûr, les personnages incarnent des penchants. Bien sûr, l’auteur ne disparaît jamais complètement derrière son texte. Mais le sujet n’est pas là. Le sujet consiste à mettre en scène les petits arrangements avec la vérité, les fictions que chacun se raconte pour continuer de vivre. Ces mensonges ne sont ni de droite ni de gauche, ils sont simplement humains. J’essaie de faire mienne la ligne tracée par Kundera qu’il retranscrit dans les Testaments trahis : "Vous êtes communiste, monsieur Kundera ? - Non je suis romancier." "Vous êtes dissident ? - Non je suis romancier." "Vous êtes de gauche ou de droite ? - Ni l'un ni l'autre . Je suis romancier. "

Certains de vos personnages défendent l’idée que trop de règles et d'interdits finissent par étouffer l’originalité. Doit-on y voir une ode déguisée au libéralisme ?

Il s’agit surtout d’un déplacement de la censure. Chez Kundera, la censure sévissait dans les cercles communistes de l’Est. Chez Roth, elle s’est insinuée dans les milieux universitaires de l’Ouest. Aujourd’hui, elle migre vers l’entreprise. Dans les open space végétalisés, le pas de vague est de mise. Chacun baisse un peu la tête, par peur d’être photographié, filmé, enregistré, puis réduit à un épisode tronqué et peu flatteur de sa vie servant de prétexte au lynchage.

Ce qui devait être le dernier bastion de la liberté (celle d’entreprendre) s’est transformé en safe space pour trouillards. Et en tant que secteur lucratif, l’art n’y échappe pas. A cette tendance à tout moraliser, qui lisse les rapports humains par crainte de la faute, s’ajoute une tendance à tout probabiliser induite par l’IA, qui conduit à standardiser nos comportements et nos productions. L’un dans l’autre, l’originalité se réduit comme peau de chagrin. On s’ennuie à crever.

Votre personnage principal n'a jamais oublié cette phrase que lui répétait sa grand-mère - "Il est important de savoir pourquoi on aime les choses" - autrement dit de prendre en compte ce qui se joue dans la formation d’un goût. Pourquoi est-ce si important ?

Parce que c’est le point de départ de la distinction (au sens intellectuel) : la capacité à discerner, comparer, hiérarchiser. Autrement dit à penser. Pourquoi tel film me touche ? Pourquoi tel autre me heurte ? Manque-t-il son but ou est-ce moi qui manque de finesse ? Certes, des goûts et des couleurs on ne discute pas. Reste qu’Ed Sheeran ne vaut pas David Bowie.

Ce n’est pas bien grave, on peut quand même aimer DJ Khaled, mais disons qu’il y a une objectivité de la valeur artistique, autrement dit une hiérarchie des œuvres, et il est essentiel de savoir sur quoi elle repose, autrement c’est le début du fourre-tout relativiste et la fin de l’esprit critique. Ce que va apprendre Maxence dans son école d’art, c’est un retour à une forme d’objectivation de la valeur d’une œuvre d’art par l’aiguisement de sa sensorialité, l’étude patiente des classiques, le goût de la contradiction et du dépassement. Or cela ne s’improvise pas : il faut bosser.

Craignez-vous que la pensée fasse partie de ces facultés que nous finirons par complètement déléguer à la machine, parce que sa rapidité rendra la lenteur de la réflexion ingrate et à terme, insupportable ?

C’est l’un des grands dangers. D’autant plus flagrant que de nombreux patrons de la tech interdisent eux-mêmes l’usage de leurs gadgets à leurs enfants et militent pour des écoles sans écran… La tartuferie prêterait à sourire si elle ne concernait pas directement des centaines de millions d’enfants en croissance - sans parler des adultes, à commencer par vous et moi. Molière en aurait fait une bonne pièce.

Le danger d’un ramollissement des consciences est redoublé si l’on considère que l’IA est biaisée, qu’elle n’est jamais neutre, mais qu’elle porte toujours avec elle, en creux, la vision nécessairement limitée du collectif humain qui l’a conçue. Dans mon roman par exemple, un des personnages se suicide en se défenestrant. Pour m’assurer que la scène était crédible, j'ai demandé à ChatGPT à partir de quelle hauteur une chute devenait mortelle. Il m’a tout de suite répondu qu’il fallait que j’aille consulter un psy...

Cela dit, je n’ai pas de doutes sur ses qualités. L'IA peut être très utile, y compris dans le processus créatif, en tant que miroir et contradicteur de ses pensées. Je l’utilise fréquemment comme un sparring partner et un maïeuticien, un tiers qui réagirait à mes idées, m’aiderait à les formuler. Mais cela se travaille, comme d’habitude. Il faut sans cesse penser contre soi-même, traquer ses automatismes, chercher les angles morts de ses propres certitudes. En fin de compte, on n’échappe jamais au travail. Aide-toi, l’IA t’aidera.

La notion d'effort est très présente dans votre roman, illustrée entre autres, par la dichotomie entre d'un côté l'enseignement long et exigent que suivent vos personnages et de l'autre, le sans effort de l'IA…

"Pour juger du progrès, il ne suffit pas de savoir ce qu’il ajoute, il faut aussi tenir compte de ce dont il nous prive". Ce n’est pas de moi mais c’est exactement ce que je pense. Je crois au progrès, à condition qu’il ne sacrifie pas les bonnes choses du passé. Parmi les bonnes choses que le triomphe de l’IA risque de reléguer, il y a l’expérience incarnée de la vie, le rapport aux cinq sens, mais aussi l’apprentissage du raisonnement, l’étude des humanités… Tout cela s’entretient comme un muscle.

Si l’on transfère à ChatGPT notre esprit critique, on court le risque d’absorber une pensée qui a statistiquement toutes les chances de nous séduire. Une pensée qui "plaît à tout prix au plus grand nombre". Or c’est exactement la définition que donne Kundera du mot "kitsch". Avec l’IA, ce qui s’ouvre peut-être, ce n’est pas seulement un gain de puissance et de temps, mais l’extension à grande vitesse du domaine du kitsch.

Votre personnage est un peu un Candide qui, sorti de ces illusions, comprend que l'art est tout autant instrumentalisé par le politique, que par la logique mercantiliste...

L’épicentre des transformations du monde, ce n’est pas la politique, mais l’économie. Prenez le Groenland : quand Donald Trump en parle, ce ne sont pas les soi-disant menaces russes et chinoises qui le guident, mais les terres rares sous la calotte glaciaire et les voies commerciales qui s’ouvriraient avec la fonte des neiges. Peter Thiel, Bezos, Altman, tous les géants de la tech ont investi des milliards dans la minute qui a suivi ses déclarations, comme un seul homme. Le "retour de la puissance" n’est que la continuation de l’économie par d’autres moyens.

Peut-on encore parler d'art lorsqu'aucun humain n'en est à l'origine ?

Les humains sont encore à l’origine de ces œuvres, parce que l’IA va puiser dans des données qui ont d’abord été produites, formées, alimentées par des humains. Cela dit, l’IA se nourrit de plus en plus aussi des productions d’IA. Au bout d’un moment, on finit statistiquement par “créer” un artiste qui n’est plus que le produit de la machine elle-même. Or ce que montrent les tendances, c’est qu’à force de puiser dans des productions issues des IA, les créations s’appauvrissent, la qualité baisse en grande partie parce que ces inspirations moulinent dans un cercle fermé. Par contraste, l’humain garde cette capacité à créer de façon presque ex nihilo. C'est une excellente nouvelle.

Ces dernières années de nombreuses inquiétudes ont envahi le monde artistique, des producteurs de cinéma au musicien, en passant par les dessinateurs, graphistes. Devrait-on réguler cette nouvelle forme de concurrence ?

Oui, ne serait-ce que pour éviter un bain de sang social provoqué par la mise au chômage brutale de millions de personnes. Des personnes qui, rappelons-le, ont nourri la bête IA de leurs œuvres, de leurs données, de leurs comportements sur Internet, et sans qui il n’y aurait même pas ce débat.

Une régulation finira par voir le jour, c’est inévitable. Mais le vrai sujet n’est pas juridique, il est anthropologique. La question n’est pas ce que l’IA a droit ou non de faire, mais ce que nous voulons qu’elle fasse de nous. Il faut élever le débat, sortir des discussions technocratiques pour retrouver une vision, l’intendance suivra. A cet égard, L’Enracinement de Simone Weil reste une boussole précieuse, à condition d’oser une idée devenue presque subversive : qu’il existe des besoins fondamentaux de l’être humain, des besoins fondamentaux de l’âme.

*Elle fut l’une des pionnières des sciences informatiques et de l’algorithme : Ada Lovelace, comtesse britannique du XIXe siècle a inspiré un nouveau prix littéraire, le Prix Ada, auquel L’Express s’associe. Pour sa première édition, le jury, présidé par Laurence Betrand Dorléac de la Fondation nationale des sciences politiques, a couronné deux lauréats : Noham Selcer pour Les chaînes de Markov (Gallimard), dans la catégorie Romans, et le psychiatre Raphaël Gaillard pour L’Homme augmenté (Grasset), dans la catégorie Essais.



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