Déshumanisation des services : le responsable, c’est le coût du travail
Intéressant article du Figaro daté du 21 janvier sur le « sentiment de relégation » des Français face à la déshumanisation des services. De fait, il y a de moins en moins de monde au bout du fil et derrière les guichets. Trouver quelqu’un à qui parler relève parfois du parcours du combattant.
Les administrations et les banques vous demandent de faire vos démarches en ligne. Les supermarchés et les gares implantent des caisses automatiques. Ainsi s’installerait une « immense solitude », l’individu étant de plus en plus « coupé de toutes les interactions avec le monde réel ». L’isolement provoqué par le numérique finirait par concerner tout un chacun, et pas seulement les personnes âgées ou fragiles, frappées d’illectronisme.
Le tableau dressé par Le Figaro est affligeant. Il omet cependant de dire que les Français sont aussi demandeurs de cette numérisation. Comment sinon expliquer le formidable essor de l’e-commerce qui a atteint un chiffre d’affaires de 175,3 milliards d’euros (Md€) en 2024, en croissance de 9,6% par rapport à 2023 ? C’est de leur plein gré que les clients désertent les boutiques dans lesquelles ils trouvent pourtant toujours des vendeurs !
On nous rétorquera que l’on commande en ligne parce que les prix y sont moins élevés que dans les commerces de proximité. Si les boutiques de quartier sont trop chères, c’est probablement parce qu’elles sont étranglées par les coûts et les normes.
C’est notamment le coût du travail qui explique qu’il vaut mieux mettre une machine qu’une personne devant un client. Le coût horaire du travail en France est de 43,7 € contre 33,5 € en moyenne dans l’Union européenne. Il est à peu près similaire en Allemagne (43,4 €), mais largement inférieur en Italie (30,9 €) ou en Espagne (25,5 €). Pour un même salaire net, un salarié français paye 30% de cotisations sociales de plus qu’un salarié allemand, 41% de plus qu’un Italien et 47% de plus qu’un Espagnol. Bien sûr, il y a les allègements de charges. En réalité, il s’agit du paiement des cotisations par l’État… c’est-à-dire par les contribuables, particuliers et entreprises.
Si l’on veut favoriser la création d’emplois, il est nécessaire d’alléger les contraintes réglementaires et fiscales qui pèsent sur l’activité économique. Bref, de réduire drastiquement le périmètre de l’État pour laisser les entrepreneurs s’exprimer pleinement.
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