Pour la séparation des bêtises et de l’Etat
Sur les antennes de France télévisions, l’anniversaire des 120 ans de la laïcité n’a pas été de tout repos pour Alain Policar, Nathalie Saint-Cricq, Antoine Léaument et quelques autres.
Faute d’avoir trouvé une réponse au séparatisme musulman, la France a vu les cent vingt ans de la loi de séparation des Églises et de l’État donner lieu à des débats tout sauf apaisés.
Dans « C ce soir », Karim Rissouli a présenté ses excuses au politologue Alain Policar. Émilie Frèche, auteur de deux ouvrages sur l’affaire Samuel Paty et compagne du député Jérôme Guedj, venait de dire sur le plateau avoir eu l’impression, en l’écoutant, d’entendre Abdelhakim Sefrioui, l’imam islamiste. Selon Policar, la laïcité serait devenue une arme contre les musulmans. Invité de France Info pour commenter l’audition de Mélenchon devant la commission d’enquête sur les liens entre politiques et réseaux islamistes, le député LFIste Antoine Léaument a préféré saborder son duplex et refuser toute réponse à la journaliste Myriam Encaoua. Les propos sur l’électorat arabo-musulman tenus avant lui en plateau par Erwan Seznec (Le Point) et Rachel Binhas (Marianne) ont offert au démagogue l’occasion de fanfaronner : « En écoutant votre chaîne quinze minutes, j’ai l’impression de faire un duplex avec CNews. […] Certains propos mériteraient d’être traînés devant les tribunaux. » Sur la même antenne, Nathalie Saint-Cricq interroge Alexis Corbière sur la complaisance des LFIstes avec l’antisémitisme et leur soutien au professeur Julien Théry, suspendu à Lyon-2 après avoir dressé une liste de « génocidaires » à boycotter. « On a finalement assez peu de choses sérieuses », tente le député de Montreuil. « La quête du vote musulman aussi, cela existe… », rétorque-t-elle. Tollé immédiat : amalgame, assimilation problématique, Arcom saisie par la Grande Mosquée, pourquoi qu’elle a dit ça ? Pendant ce temps, L’Opinion s’interroge : la loi de 1905 serait-elle toujours votée aujourd’hui ? La vraie question, c’est plutôt ce qu’il en restera en 2050 avec les nouvelles générations plus branchées sur TikTok que sur France Télévisions.
Selon l’enseignant Iannis Roder, il y a deux catégories d’élèves qui contestent la laïcité : ceux « qui vivent leur religion comme une identité » et sautent au plafond parce qu’on leur fait étudier la théorie de l’évolution, et ceux qui, imprégnés « d’un soft power anglo-saxon très puissant considère[nt] que chacun fait ce qui lui plaît ». Sauf appeler un chat un chat sur la paisible télévision publique, bien sûr.
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