Même les Portugais s’en prennent à Ruben Amorim
Le licenciement de Ruben Amorim par Manchester United a déclenché un flot de critiques outre-Manche. Mais le plus marquant, pour l’entraîneur portugais, est sans doute venu de son propre pays. Au Portugal, la chute d’Amorim n’est pas lue comme une simple victime de plus d’Old Trafford, mais comme l’échec d’un technicien incapable de s’adapter hors de son cocon.
La sentence venue du Portugal
Dans les médias lusitaniens, le ton est sévère. Plusieurs analystes dénoncent une « rigidité excessive », presque dogmatique, dans l’application de son 3-4-3. Selon eux, Amorim a abordé sa première expérience à l’étranger avec des principes figés, sans tenir compte du profil réel de son effectif. Là où il brillait par sa capacité à imposer une identité forte au Sporting CP, il a semblé prisonnier de ses certitudes à Manchester. Le constat est partagé : l’entraîneur a perdu du temps, de la crédibilité, et n’a jamais corrigé le tir.
Les chiffres appuient ce procès. En 14 mois, Amorim quitte United avec le pire pourcentage de victoires d’un manager du club à l’ère Premier League. Au Portugal, on souligne aussi son incapacité à « comprendre la dimension quotidienne de l’adaptation » dans un club de cette ampleur, où le contexte médiatique et institutionnel impose des ajustements constants.
Les observateurs portugais nuancent toutefois le verdict. Amorim n’est pas le seul responsable d’un naufrage devenu presque structurel. Depuis le départ de Sir Alex Ferguson, Manchester United est décrit comme un cimetière d’entraîneurs, incapable de proposer une vision sportive stable. Amorim s’inscrirait davantage dans une continuité d’échecs que comme une anomalie isolée.
Mais là où la critique devient personnelle, c’est sur la gestion humaine et tactique. Ses compatriotes estiment qu’il n’a pas su composer avec la pression des anciennes gloires du club, très présentes dans l’espace médiatique, ni infléchir son projet pour gagner du temps et des résultats.
Un rebond désormais incertain pour Amorim
Dans ces conditions, l’avenir d’Amorim interroge. Être désavoué en Angleterre est une chose ; perdre le soutien symbolique de son pays en est une autre. Les critiques venues de Lisbonne risquent de peser lourd sur sa capacité à rebondir rapidement dans un grand club européen.
Un an après avoir quitté un Sporting taillé à sa mesure, Amorim pourrait nourrir des regrets. Son départ, perçu alors comme un pas logique vers l’élite, apparaît aujourd’hui comme une rupture prématurée. Désormais, l’entraîneur portugais doit reconstruire son crédit, dans un contexte où même ses compatriotes doutent de sa méthode.