"Les Belles Promesses" de Pierre Lemaitre : tragédie chez les Pelletier
Et de sept ! Depuis 2013, Pierre Lemaitre a entamé sa longue marche pour balayer le XXe siècle. Salué dès l’entame de sa première trilogie (Au-revoir là-haut), par le prix Goncourt, le feuilletoniste le plus populaire de France conclut aujourd’hui sa tétralogie avec Les Belles Promesses… qui n’engagent que ceux qui y croient. Pierre Lemaitre n’est pas de ceux-là, qui donnent des accents tragiques à cette décennie des Trente Glorieuses, 1963-1973. Avec, en épicentre de son tableau dumassien, la famille Pelletier, évidemment - avec séance de rattrapage ici ou là pour les retardataires. Ainsi, Geneviève, la femme de Jean, l’aîné des Pelletier, est toujours aussi redoutable, confite dans sa méchanceté et son opportunisme tous azimuts, tandis que Jean expie ses fautes. Des fautes – criminelles - que son frère François, le journaliste, n’est pas loin de déterrer.
Autour d’eux, la France avance à grands pas vers le "progrès" et ses dommages collatéraux, entre l’agriculture intensive émergente et les travaux dantesques du périphérique parisien, en passant par les événements d’Algérie comme on disait à l’époque. Pour Calmann-Lévy, l’éditeur de cet émule de Victor Hugo et d’Emile Zola, pas de doute, les Trente glorieuses ne sont pas un vain mot : il a tiré ce volume à 250 000 exemplaires, à l’instar des précédents tomes… Et l’avenir est radieux, puisqu’une dernière trilogie, depuis le 1er choc pétrolier jusqu’à la chute du Mur de Berlin, devrait parachever la fresque de notre maître des horloges.