Mercosur : la classe politique s'indigne des propos d'Emmanuel Macron
A gauche comme à droite, une grande partie de la classe politique a de nouveau martelé vendredi 7 novembre que l'accord commercial entre l'Union européenne et des pays du Mercosur devait être "rejeté", s'indignant des propos d'Emmanuel Macron qui s'est dit "plutôt positif" sur la possibilité d'accepter le traité.
"Cet exécutif fait de bric et de broc, sans ligne directrice claire, affaiblit la parole de la France et joue avec la survie de nos agriculteurs", a tancé Marine Le Pen sur X. "Cet accord finalisé dans l’opacité et s’attaquant directement aux intérêts de l'agriculture française doit être rejeté", a ajouté la patronne des députés du RN.
Les Français savent depuis longtemps qu’il n’y a plus de pilote dans l’avion, ce qui est une fois encore illustré par les positions contradictoires d’Emmanuel Macron, jugeant l’accord de libre-échange avec le Mercosur désormais « acceptable » et la ministre de l’agriculture…
— Marine Le Pen (@MLP_officiel) November 7, 2025
"Après l’industrie, c’est désormais notre agriculture que (NDLR : le chef de l'Etat) accepte de brader", a tancé de son côté sur le même réseau social le patron des Républicains, Bruno Retailleau.
Des clauses de sauvegarde obtenues par la France
Emmanuel Macron s'est dit jeudi "plutôt positif" sur la possibilité d'accepter l'accord commercial entre l'Union européenne et des pays du Mercosur, grâce aux clauses de sauvegarde obtenues par la France, même s'il a affirmé rester "vigilant". Mais la ministre de l'Agriculture Annie Genevard (LR) a déclaré vendredi que les garanties pour protéger les agriculteurs français n'étaient pas suffisantes.
"Un président aussi discrédité devrait se taire et laisser le Parlement décider !", a raillé le secrétaire national du PCF Fabien Roussel sur X. "Emmanuel Macron est en train de signer l'arrêt de mort de l'agriculture française", a déploré sur CNews/Europe1, l'eurodéputée insoumise Manon Aubry, critiquant le "retournement inouï et scandaleux" du chef de l'Etat, qui "disait qu'il allait s'opposer à cet accord de libre échange". Elle a rappelé avoir initié "un recours devant la Cour de justice" de l'Union européenne, qui s'il est voté, "suspendra l'examen de cet accord".
"C'est une trahison que vous préparez", a aussi accusé le député François Ruffin, qui siège au groupe écologiste, en interpellant Emmanuel Macron. "Qu'avez-vous obtenu, pourtant ? Rien. Aucune 'clause-miroir' dans l'accord. Au contraire : y est ajouté un mécanisme dit 'de rééquilibrage', bien mal nommé", a-t-il souligné, "qui ajoute en vérité un déséquilibre supplémentaire : que l'Europe relève ses normes, et les Etats du Mercosur pourront se prévaloir d'un préjudice !", a-t-il martelé.
La députée socialiste Christine Pirès-Beaune a dénoncé "le bazar" après les propos divergents de l'exécutif, et rappelé que les députés socialistes "sont toujours fermement opposés" à l'accord "pour protéger nos agriculteurs et notre planète".