2027, l'élection présidentielle "la plus importante de l'Histoire" ? Les mots coupables de Gabriel Attal
Il a osé employer la formule que tous les candidats à l’Elysée ou presque ont utilisée à chaque fois. "Dans un an et demi, en 2027, aura lieu l’une des élections présidentielles les plus importantes de l’Histoire de notre pays", a lancé Gabriel Attal le 21 septembre. Curieusement, personne ne s’est jamais présenté à ce scrutin en disant que son résultat n’aurait pas grande importance. Mais il faut cesser de galvauder certaines formules, car c’est ainsi qu’on fait de la parole publique "une langue morte", comme l’avait remarqué un jour Manuel Valls.
Pourquoi continuer à répéter que la présidentielle est magique ? C’est le meilleur moyen de la rendre déceptive. Non, il n’y a pas de grand soir, même électoral, et le mieux est d’en être conscient, pour éviter les petits matins chagrins.
Dans le même discours – le propos paraît quelque peu contradictoire -, l’ancien Premier ministre demande que l’on "cess[e] de croire au mythe de l’homme providentiel". La figure présidentielle est suffisamment mal en point pour ne pas être emportée par une surenchère verbale. L’heure est à la lucidité, et elle l’est d’autant plus que, pendant ce temps et contre toute évidence, à l’Elysée, l’actuel titulaire de la fonction, Emmanuel Macron, réduit le moment que traverse actuellement la France, depuis la dissolution qu’il a déclenchée en usant de l’une de ses prérogatives essentielles et sans doute depuis avant 2024, à "une crise parlementaire".