La « gratuité » des crèmes solaires : l’État nounou sévit encore
Les collectivités publiques nous font la peau depuis longtemps, mais maintenant elles veulent la protéger.
Le Parisien (9 août 2025) donne pour titre à l’un de ses articles : « Distributeurs de crème solaire : mettez-en, c’est gratuit », avec en photographie un distributeur de « Paris en Seine ». Nous apprenons que la crème est « proposée en libre-service par la Ville » (donc, malheureusement, aucun fonctionnaire de la Ville de Paris ne vous « tartinera »), et que 50 bornes ont été déployées sur les trois sites de baignade et sur les zones Paris Plages.
Cette idée, sûrement lancée par la crème de la crème de nos hommes politiques ou par quelques grosses huiles, n’est pourtant pas nouvelle. Nos voisins (les Pays-Bas à compter de 2023, la Belgique, le Luxembourg, bref des contrées réputées pour leur soleil radieux) nous ont précédés. Et dans notre pays, Paris n’a ni la primeur de l’innovation (La Rochelle l’expérimente depuis l’année dernière), ni son monopole (Livry-Gargan, Le Touquet…).
L’article du Parisien est dithyrambique. Ainsi donne-t-il la parole à des individus (pardon : à des citoyens !) enthousiastes : « C’est une excellente initiative, surtout gratuite. On n’a pas forcément de la crème sur nous et, surtout, ça a un coût », dit l’un. En effet, s’il s’agit d’aller à la plage et de penser à prendre une crème solaire, où va-t-on ? Alors qu’il suffit d’être irresponsable et de compter sur notre État débonnaire ! « J’avais un tube de crème, mais autant profiter de celle-ci, quand on sait combien ça coûte », dit l’autre. En effet pourquoi se gêner ?
« Il n’y a pas de repas gratuit »
Le journaliste du Parisien ne s’est pas posé de question métaphysique. Mais, quitte à jouer les rabat-joie, une phrase bien connue de Milton Friedman est venue à nos oreilles : il n’y a pas de repas gratuit. Donc, en l’espèce, qui paye la « gratuité » ? Là, le flou s’installe. On sait simplement qu’il existe un partenariat entre la Ville de Paris et une société spécialisée dans les bornes de distribution, mais quid de la crème solaire ? Au Touquet, un partenariat existe entre la Ville et une marque de crème, si bien que, officiellement, l’opération ne va rien coûter (pas même le temps de certains fonctionnaires ?). A La Rochelle, La Ligue contre le cancer et la Ville ont déboursé 4.000 euros.
Dans tous les cas, la « gratuité » des crèmes solaires se trouve justifiée par l’augmentation des cancers de la peau, sujet de « santé publique », ce qui, on le suppose, est censé mettre un terme à tout débat. Mais si l’Etat nous protège du chaud, pourquoi ne nous protégerait-il pas du froid également ? Car enfin, comme l’a rappelé de manière contre-intuitive Nicolas Lecaussin dans plusieurs de ses pendules, le froid tue beaucoup plus que la chaleur. Dès lors, à quand des distributeurs « gratuits » de parapluies ou de pulls ?
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