Fin des contrats avec SpaceX ? L'impossible rupture entre Donald Trump et Elon Musk
La charge était virulente, comme en a l’habitude le président des Etats-Unis. "Le moyen le plus simple d’économiser des milliards de dollars dans notre budget est de mettre fin aux subventions et contrats gouvernementaux d’Elon Musk. J’ai toujours été surpris que Biden ne l’ait pas fait", avait posté Donald Trump sur son réseau Truth Social, le 5 juin, ouvrant la voie à une escalade brutale entre les deux milliardaires. Mais la rupture semble plus facile à dire qu’à réaliser.
Selon des informations révélées par le Wall Street Journal, quelques jours après l’emportement du président américain, son administration avait lancé un examen des contrats de SpaceX avec le gouvernement fédéral, visant à identifier les éventuels "gaspillages" dans ces accords de plusieurs milliards de dollars que l’entreprise a conclus. Seul problème et non des moindres : les agents de l’Etat ont conclu que la plupart de ces contrats sont essentiels aux missions du ministère de la Défense et de la NASA, SpaceX étant le premier lanceur de fusées au monde et un fournisseur majeur d’accès Internet par satellite.
Malgré la dispute entre les deux hommes, l’entreprise d’Elon Musk a en effet remporté davantage de contrats gouvernementaux en 2025, continuant de travailler sur des missions majeures pour l’Etat. En avril, SpaceX est celle qui a remporté le plus de financements et de lancements de fusées dans le cadre d’un contrat de 5,9 milliards de dollars, avec 28 vols de sécurité nationale. Un mois plus tard, elle a lancé un engin destiné à placer en orbite un satellite GPS de l’armée de l’air américaine, afin de lui offrir "une précision trois fois supérieure" à celle fournie par ses prédécesseurs, pour une durée opérationnelle prévue de 15 ans. A la fin du mois de juillet, la Nasa prévoit également que SpaceX envoie un nouvel équipage vers la Station spatiale internationale, un laboratoire scientifique financé majoritairement par les Etats-Unis et la Russie.
Des outils indispensables
Il faut dire que les fusées Falcon de l’entreprise se sont imposées comme des outils de travail indispensables pour le gouvernement, grâce notamment à ses propulseurs réutilisables, et que le vaisseau spatial Crew Dragon de SpaceX est le seul véhicule américain certifié pour transporter des passagers vers et depuis la station spatiale. Elon Musk développe également la plus puissante fusée jamais conçue, Starship, dans l’optique de conquérir Mars et d’offrir un plan de secours dans l’éventualité où la Terre deviendrait inhabitable.
La menace d’Elon Musk de démanteler Crew Dragon lors de son conflit avec Trump le mois dernier, aujourd’hui avortée, a alors suscité des inquiétudes au sein de la NASA. L’agence, tout comme le gouvernement, dispose de peu d’alternatives pour les nombreux lancements de fusées et services de satellites en orbite basse, une situation qui continue de donner à SpaceX – et à Elon Musk lui-même – un rôle prépondérant dans l’espace. Certains contrats de SpaceX pourraient néanmoins faire l’objet d’un examen approfondi dans les prochains jours selon une source proche du dossier, qui s’est confiée au journal américain.