Axe de la Résistance : malgré les revers, l'Iran cherche à réarmer ses alliés
Ce sont des armes légères, missiles antinavires ou composants de système de défense aérienne. Après la série de frappes américaines qui ont visé ses installations nucléaires, l’Iran a subi un nouveau revers, alors que les forces alliées au gouvernement yéménite, reconnu internationalement, ont intercepté cette semaine une importante cargaison de matériel militaire destiné aux rebelles houthis, sur la côte de la mer Rouge.
Le Commandement central américain, responsable des opérations militaires américaines au Moyen-Orient, a indiqué qu’il s’agissait de la plus importante saisie d’armes conventionnelles iraniennes de pointe par les autorités yéménites. Au total, 750 tonnes de missiles de croisière, de missiles antinavires et antiaériens, d’ogives, de composants de ciblage ou de moteurs de drones ont été interceptées. En février 2024 déjà, plus de 200 paquets contenant des composants de missiles balistiques à moyenne portée, des explosifs ou encore des composants de drones avaient été récupérés par l’armée américaine ; des équipements destinés à soutenir les attaques contre les navires en mer Rouge et dans le golfe d’Aden, que les Houthis et l’Iran estiment liés à Israël.
Plusieurs cargaisons d’armes
De son côté, le nouveau gouvernement syrien affirme avoir saisi plusieurs cargaisons d’armes, notamment des roquettes Grad utilisées dans des systèmes de lancement multiple montés sur camions, le long de ses frontières avec l’Irak et le Liban. L’armée libanaise, elle, aurait saisi des cargaisons acheminées à travers sa frontière avec la Syrie, comprenant des missiles antichars russes privilégiés par le Hezbollah. "L’Iran est en train de reconstruire sa présence au Levant en envoyant des missiles au Hezbollah et des armes d’Irak à la Syrie", a déclaré auprès du Wall Street Journal Michael Knights, chercheur au Washington Institute for Near East Policy, spécialisé dans les milices alliées de l’Iran.
Affaibli par les attaques américaines, qui ont aussi visé les Houthis en mars 2025, l’Iran chercherait ainsi à reconstituer les stocks d’armes de ces combattants, afin de "maintenir son rythme opérationnel élevé ciblant Israël et le trafic maritime commercial", analyse de son côté Mohammed al-Basha, fondateur du cabinet de conseil en sécurité Basha Report, basé aux États-Unis.
Le 9 juillet, des combattants houthis ont en effet utilisé des lance-roquettes, des missiles et des drones pour couler deux navires marchands en mer Rouge, où transite 12 % du commerce mondial, tuant au moins trois membres d’équipage. Le porte-parole militaire des rebelles avait mis en garde "les entreprises traitant avec les ports" d’Israël, affirmant que "leurs navires et équipages seront pris pour cible" afin de "contraindre l’ennemi sioniste à lever le blocus contre nos frères à Gaza et à mettre fin à son agression". Interrogé plus récemment sur les livraisons d’armes aux rebelles, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baqaei, a indiqué que toute affirmation selon laquelle Téhéran aurait envoyé des armes au Yémen était sans fondement.