Zohran Mamdani, nouveau chouchou de la gauche américaine ? "Les New-Yorkais vont vite déchanter…"
Un socialiste pur et dur va-t-il prendre les rênes de la capitale mondiale du capitalisme ? Contre toute attente, Zohran Mamdani, 33 ans, a remporté le 25 juin la primaire démocrate pour la mairie de New York, coiffant au poteau le favori, l’ancien gouverneur Andrew Cuomo. S’il l’emporte en novembre, cet Américain d’origine ougandaise et indienne - arrivé aux Etats-Unis à l’âge de 7 ans - deviendra le premier maire musulman de la ville. Une victoire qui sonne comme un séisme politique et qui divise jusque dans son propre camp : l’aile modérée du Parti démocrate s’alarme de ses prises de position jugées trop radicales sur la Palestine, notamment son refus de condamner la formule "mondialiser l’intifada".
À cela s’ajoute un programme économique résolument offensif, centré sur un seul mot d’ordre : l’accessibilité (loyers encadrés, transports gratuits, garde d’enfants universelle, épiceries municipales, etc). "Je ne pense pas que nous devrions avoir des milliardaires", a déclaré celui qui a grandi dans l’Upper West Side et fréquenté les écoles privées les plus cotées. Rien d’étonnant, selon l’anthropologue Peter W. Wood, qui voit en Mamdani l’incarnation de la "nouvelle élite radicale". Dans The Spectator, celui qui préside la National Association of Scholars (NAS), une organisation conservatrice alertant sur les dérives idéologiques du système universitaire américain, a récemment analysé l’itinéraire de Zohran Mamdani, qu’il juge typique de ce que Tom Wolfe appelait autrefois le "radicalisme chic". Une génération caractérisée par un "mépris envers les États-Unis tient autant à la scène politique mondiale qu’à un profond rejet des valeurs et des préoccupations des Américains ordinaires". Entretien.
L’Express : Zohran Mamdani a créé la surprise en remportant la primaire démocrate avec un programme résolument à gauche, y compris dans plusieurs districts ayant pourtant voté pour Donald Trump en 2024… Comment expliquez-vous un tel score ?
Peter Wood : Trois éléments ont contribué à cela. D’abord, même si plusieurs candidats étaient en lice, le principal adversaire de Zohran Mamdani restait Andrew Cuomo, particulièrement affaibli et largement discrédité à New York, notamment pour sa gestion des maisons de retraite durant la pandémie de Covid. C’est un souvenir encore très vif pour beaucoup de New-Yorkais. À cela s’ajoutent d’autres décisions impopulaires auprès de la base démocrate locale. Cuomo partait donc avec un sérieux handicap, et sa campagne, mal conduite, n’a rien arrangé. Mamdani a clairement profité de cette faiblesse.
Deuxièmement, Mamdani a très habilement joué sur les éléments ethniques et religieux. Il a notamment réussi à rallier le soutien des musulmans de New York (NDLR : environ 9 % de la population totale de la ville) mais aussi plus largement celui des immigrés, en mettant en avant son propre parcours. Par exemple, il a diffusé une publicité dans la langue des Bengalis du Bangladesh. Personne d’autre n’aurait pensé à s’adresser directement à cette minorité linguistique. Il a procédé ainsi avec bon nombre de sous-groupes de la diaspora immigrée de la ville. Enfin, Mamdani a séduit un électorat jeune, composé d’étudiants désillusionnés et de jeunes diplômés souvent critiques vis-à-vis du système politique américain. Pour beaucoup, il représentait l’occasion de secouer l’ordre établi, sinon au nom du socialisme, du moins au nom d’une autre vision de l’Amérique, une nation qui, selon eux, gagnerait à adopter un profil plus modeste sur la scène mondiale.
Zohran Mamdani a également obtenu de très bons résultats dans certains des quartiers les plus aisés de New York…
Cela correspond à un phénomène qu’on appelle le "radicalisme chic". Mamdani a su parler à des électeurs qui avaient le sentiment de voter pour une forme exigeante de justice sociale. Et même chez les plus aisés, il existe un segment de la population qui adhère à cette vision.
Pour certains commentateurs, sa victoire à la primaire démocrate représente un séisme politique. Qu’en pensez-vous ?
C’est un véritable séisme politique dans la mesure où le parti démocrate se retrouve incapable de présenter un candidat traditionnel dans l’un de ses bastions les plus sûrs du pays. À la place, il se retrouve avec un candidat qui, selon les standards d’autrefois, aurait été considéré comme très marginal. Il est possible qu’il remporte l’élection cet automne. Mais ce qui inquiète vraiment les cadres du Parti démocrate, c’est la perspective que non seulement lui, mais aussi d’autres profils similaires, puissent désormais prendre le dessus au sein du parti. Et quand je parle de profils similaires, je fais référence à la mouvance portée par Bernie Sanders et Alexandria Ocasio-Cortez — habituellement perçue comme très à gauche. Mamdani, lui, est au moins aussi à gauche qu’eux, voire davantage, dans son adhésion à un socialisme radical.
Selon vous, Zohran Mamdani incarne l’archétype d’une génération formée à rejeter l’Occident, l’économie de marché et les valeurs libérales. Vous parlez de "l’élite radicale de la nouvelle génération". Expliquez-nous…
Je faisais référence à celles et ceux qui sont actuellement inscrits dans des universités d’élite, ou qui en sont récemment diplômés. Par définition, ces établissements sont extrêmement coûteux, même avec des aides financières, les frais restent très élevés. Ce sont donc, dans leur immense majorité, des jeunes issus de milieux relativement aisés. Et pourtant, dès leur entrée dans la vie adulte beaucoup ont déjà tiré la conclusion que l’Amérique est un pays corrompu, né du colonialisme de peuplement il y a plusieurs siècles, une puissance brutale qui mérite d’être ramenée à sa juste place, et la source de toutes sortes de méfaits. Une partie de ce rejet s’accompagne d’un antisémitisme croissant, selon lequel l’Amérique soutient une nation illégitime : Israël. Ce mépris envers les États-Unis tient autant à la scène politique mondiale qu’à un profond rejet des valeurs et des préoccupations des Américains ordinaires. Pour eux, les seuls combats légitimes sont ceux liés au changement climatique et aux inégalités économiques. Sur tous ces points, Mamdani épouse des positions qui, selon moi, représentent désormais la nouvelle orthodoxie de cette jeunesse issue des élites.
"Zohran Mamdani a joué de son identité musulmane avec finesse", avez-vous écrit. Que voulez-vous dire ?
Il a subtilement laissé entendre qu’il était musulman chiite, mais il n’a jamais mené campagne de manière ostentatoire en tant que musulman. C’est là toute son habileté : il a su capitaliser sur l’attrait que peut susciter, chez certains, l’idée qu’un musulman devienne maire de New York, sans pour autant inquiéter ceux que cette idée pourrait rebuter. Il a utilisé cette identité quand cela servait son message, tout en sachant s’en distancier au besoin.
Zohran Mamdani est vivement critiqué pour sa position résolument hostile à Israël. On lui reproche notamment d’avoir refusé de condamner l’usage des slogans polémiques "Globalize the Intifada" ("Mondialiser l’Intifada") et "From the river to the sea, Palestine will be free" ("De la rivière à la mer, la Palestine sera libre"), des slogans qui expriment, selon lui, un appel à la reconnaissance des droits des Palestiniens. Ces prises de position lui ont valu des accusations d’antisémitisme, qu’il rejette catégoriquement. Qu’en pensez-vous ?
Le fait qu’il a cofondé, à l’université de Bowdoin, la section locale de Students for Justice in Palestine parle de lui-même. Il s’agit d’un groupe aligné sur les positions les plus radicales du mouvement pro-palestinien, et qui, en substance, appelle à la disparition d’Israël. Bien sûr, il y a aussi des Juifs à New York qui le soutiennent mais ce n’est pas inédit : certains Juifs rejettent Israël, allant parfois jusqu’à défendre une vision du monde qui flirte parfois avec une forme d’antisémitisme. C’est un paradoxe mais pas un phénomène nouveau.
Quand vous dites que Zohran Mamdani est "l’activiste de campus qui voit New York comme son campus, prêt à en faire un Bowdoin sur l’Hudson", que faut-il comprendre exactement ?
Je me félicite d’avoir trouvé une bonne formule à ce sujet [Rires]. Ce que je voulais dire, c’est que l’approche que Mamdani a développée pour promouvoir le changement social et politique — une approche qu’il a forgée en tant qu’activiste à Bowdoin — repose sur la construction de coalitions entre des groupes porteurs de revendications ethniques ou politiques. Il applique aujourd’hui cette méthode à un terrain bien plus vaste, et il le fait avec un réel talent.
Le contrôle des loyers crée ses propres formes d’inégalités
Ce que j’ai observé durant la campagne - et que d’autres ont confirmé depuis -, c’est qu’il est parvenu à mobiliser des groupes minoritaires qui, traditionnellement, ne s’impliquent pas beaucoup dans la politique locale. Il a su les rassembler au sein d’une coalition suffisamment cohérente et dynamique pour porter sa candidature.
Vous avez choisi de mettre en lumière son parcours éducatif, en insistant notamment sur l’enseignement qu’il a reçu au Bowdoin College (situé dans le Maine). Que lui reprochez-vous au juste ?
La vision du monde que Mamdani incarne correspond très précisément à ce que j’ai pu observer en profondeur, après plusieurs années passées à étudier les programmes, la culture intellectuelle et la vie sociale de cette université. D’ailleurs, Mamdani y étudiait à ce moment-là. Ceci étant, ma compréhension des dynamiques politiques générationnelles ne s’est pas construite à cette seule occasion. Ce que j’ai observé à Bowdoin est, de toute évidence, un phénomène beaucoup plus large. Il ne s’agissait donc pas uniquement de pointer du doigt Bowdoin, mais de mettre en lumière une tendance plus structurelle valable pour des centaines d’autres établissements similaires à travers le pays.
C’est-à-dire ?
Dans l’enseignement supérieur américain, la recherche de la vérité a bien souvent été remplacée par celle de la conformité politique. Il est aujourd’hui très difficile de suivre un cursus dans une université américaine et d’y trouver des cours qui présentent des points de vue en désaccord avec le consensus établi sur certains sujets. De même, jusqu’au retour de Donald Trump, il était quasiment impossible de trouver un campus qui ne soit pas saturé de cours, de modules, de séminaires alignés sur l’agenda "diversité, équité, inclusion" (DEI).
Des bureaucraties entières ont été créées dans les universités pour porter ces priorités, et tout enseignant qui exprimait la moindre réserve à leur sujet avait tout intérêt à se taire. Ce phénomène ne se limite pas aux sciences humaines et sociales. L’agenda DEI s’est aussi infiltré dans le recrutement des enseignants, y compris dans les disciplines artistiques et scientifiques. Il est, en ce sens, devenu pratiquement omniprésent dans l’enseignement supérieur américain. Certes, ces six derniers mois, cet état de fait a été partiellement remis en cause par Trump et certains de ses décrets. Mais je dirais que, dans les faits, il reste la toile de fond à laquelle les étudiants sont confrontés. La majorité d’entre eux n’aura jamais été exposée, au cours de son cursus, à des points de vue réellement divergents sur ces questions.
Ce que vous décrivez est-il un phénomène récent ?
Selon moi, le tournant dans l’éducation américaine remonte très clairement aux années 1960, avec l’émergence d’une génération influencée par les idées marxistes de penseurs comme Theodor W. Adorno. À cette époque, les États-Unis ont accueilli un certain nombre d’intellectuels venus d’Europe — Marcuse étant sans doute le plus emblématique — qui ont apporté avec eux une critique de la modernité imprégnée d’idéologie marxiste. Cela a trouvé un écho favorable chez la jeunesse contestataire de la guerre du Vietnam. Dès les années 1980, cette transformation s’était largement généralisée. La gauche universitaire a progressivement supplanté l’ancien libéralisme académique. La liberté d’expression a été reléguée à l’arrière-plan, au profit de ce que l’on appellerait aujourd’hui une forme de censure idéologique. Mamdani, lui, représente probablement la troisième ou quatrième génération d’étudiants américains formés dans ce système, pour qui l’université n’a jamais été autre chose qu’un espace politique.
Selon vous, l’une des clés pour comprendre Zohran Mamdani, c’est son père, Mahmood Mamdani : un intellectuel ougandais d’origine indienne, professeur d’anthropologie à l’université Columbia. Pourquoi ?
Il vient d’un milieu familial très intellectuel : son père est un universitaire accompli, sa mère une réalisatrice reconnue, tous deux engagés et brillants. Il a donc grandi dans un environnement où ses dispositions intellectuelles, quelles qu’elles soient, ont clairement été nourries. Mais selon moi, ses convictions politiques, sa manière de percevoir le monde, semblent découler directement de l’expérience de son père : un intellectuel socialiste engagé, plusieurs fois exilé, qui a consacré sa carrière à défendre les revendications d’un groupe dont il est lui-même issu. Je parle ici de la communauté indienne en Ouganda, initialement composée de travailleurs amenés par l’administration coloniale britannique.
Après la décolonisation, une partie de cette population est restée, devenant une sorte de vestige du colonialisme occidental : une population non indigène, non seulement bien implantée, mais aussi extrêmement prospère, au point de dominer l’économie ougandaise. Dans ses écrits, Mahmood Mamdani se positionne clairement comme doublement marginalisé : d’un côté, il appartient à une communauté expulsée de son pays d’origine, et de l’autre, il est devenu une figure rejetée dans le pays où cette communauté s’était enracinée. Il y a là une trame complexe - à la fois postcoloniale et identitaire - que son fils semble avoir intériorisée. Zorhan Mamdani se voit, en quelque sorte, comme l’héritier d’un récit plus large de déplacement, de désaffiliation.
Alors que le taux de pauvreté à New York est presque deux fois supérieur à la moyenne nationale, Zohran Mamdani propose un gel des loyers, la création d’épiceries publiques, ainsi que l’extension de la gratuité des transports en commun et des services de garde. Un programme là aussi radicalement à gauche…
Le contrôle des loyers crée ses propres formes d’inégalités. Il décourage les promoteurs de construire de nouveaux logements, et dissuade les propriétaires d’entretenir ceux qu’ils possèdent déjà. Résultat : on se retrouve avec une pénurie chronique de logements. Oui, les loyers à New York sont bien trop élevés, personne ne le conteste. Mais c’est en partie à cause du système de contrôle et de régulation des loyers déjà en place. Renforcer un dispositif qui dysfonctionne n’est pas une réponse sérieuse à un problème réel.
Concernant le coût de la vie, on retrouve une logique similaire. L’idée d’ouvrir des épiceries publiques me fait immédiatement penser à Cuba et à ses rayons vides. Un supermarché fonctionne avec une marge bénéficiaire d’environ 1 %. Croire que le gouvernement - qui a déjà bien du mal à gérer des services comme La Poste - pourra faire mieux à un prix plus bas, c’est une absurdité économique. Juste au coin de ma rue, une église distribue de la nourriture gratuitement chaque jour. Je passe devant en allant au travail. Et ce que je vois, ce sont des personnes obèses qui viennent chercher ces repas. On n’est pas dans une situation de famine. Ce qu’il manque, ce n’est pas l’accès à la nourriture en soi, mais à une nourriture saine. Mais imaginer que le simple fait de rendre la nourriture disponible résoudra le problème de la nutrition est une erreur. Il faut aussi que les gens acceptent de mieux manger. Il ne suffit pas de remplir les rayons de Coca-Cola et de sucreries. C’est un problème plus complexe que ce que la formule "épiceries gratuites" laisse entendre.
Après l’euphorie, les New-Yorkais vont vite déchanter
En ce qui concerne les transports en commun, j’ai vu leur qualité se détériorer au cours des quinze dernières années. Supprimer le coût modeste de l’utilisation des transports publics ne rendra pas le système de transport meilleur.
Il a également déclaré ne pas vouloir de milliardaires…
Il ne veut plus de milliardaires alors même que les quelques milliardaires qui y vivent encore contribuent de manière considérable à sa base fiscale ! À mes yeux, l’attaque contre les milliardaires est surtout une manière détournée de viser Donald Trump, ou peut-être Mike Bloomberg, l’un de nos anciens maires. Mamdani cherche à se construire une image d’homme du peuple, en contraste avec ces figures perçues comme des ploutocrates qui, grâce à leur fortune, accèdent aux sphères du pouvoir. Est-ce que cela représente un bouleversement dans la manière dont les Américains perçoivent les riches ? Je ne le pense pas. Les Américains, dans l’ensemble, ne me semblent pas particulièrement hostiles envers ceux qui ont acquis une richesse ou un statut personnel. Attiser le ressentiment de classe sur la base de la richesse n’a historiquement pas beaucoup de succès ici, et je ne vois pas de véritable changement à cet égard.
"Je suis le pire cauchemar de Trump", a-t-il déclaré. Mais pour beaucoup, sa candidature représente au contraire un atout pour les républicains, qui peuvent facilement le brandir comme symbole du radicalisme de gauche. Qu’en est-il selon vous ?
Beaucoup de gens à gauche se considèrent comme ses pires ennemis, mais Trump les balaie d’un revers de main, les ridiculise, et finit souvent par briser leur trajectoire politique. Donc non, je ne crois pas que Mamdani soit son pire cauchemar, il lui sert simplement de punchline.
Le succès de Trump à la présidentielle, tout comme celui de Zohran Mamdani à New York, ne traduisent-ils pas une polarisation de plus en plus marquée du paysage politique américain ?
La polarisation est bien réelle, mais elle n’est pas symétrique. On peut regarder CNN ou MSNBC et croire que le pays est en guerre contre Trump et la droite. Mais cette image ne correspond pas à la réalité que l’on voit sur le terrain, dans les villes moyennes et les zones rurales, en dehors peut-être de Los Angeles, Chicago et New York. Moi-même, je vis dans un quartier très libéral de New York, et je passe pas mal de temps dans le Vermont — le fief de Bernie Sanders, lui aussi très à gauche. Je suis une sorte de conservateur mais je parle avec beaucoup de gens, un peu partout, et ce qui me frappe toujours, c’est que même ceux qui adoptent les slogans à la mode de la gauche tiennent, dès qu’on gratte un peu, un discours qui ressemble beaucoup plus à celui de Trump.
Quelles conséquences cela aurait-il pour New York si Zohran Mamdani était élu maire en novembre ?
Je pense qu’on assisterait à une accélération nette de l’exode des populations aisées et des classes moyennes supérieures. Il y aurait, dans un premier temps une brève euphorie, durant laquelle les segments les plus précaires de la population se persuaderaient qu’ils vont enfin recevoir un grand nombre de choses gratuitement. Mais très vite, un désenchantement s’installerait, suivi d’un appauvrissement, notamment chez ceux qui réaliseront que les promesses de gel des loyers, d’épiceries publiques ou de transports gratuits entraîneront rapidement une détérioration de la disponibilité et de la qualité des biens, pire que tout ce que nous avons connu jusqu’à présent.