Après le départ d'Elon Musk, le Doge au bord de l'implosion
Le bébé est malade. Abandonné par son papa, Elon Musk, le département de l’efficacité gouvernementale (Doge) fait face à des départs de responsables proches de l’ancien conseiller et allié du président républicain. La commission assignée à la réduction des dépenses publiques est liée au patron de Tesla depuis sa création le 20 janvier, premier jour du second mandat de Donald Trump.
De nombreux salariés du Doge viennent directement des entreprises de l’homme le plus riche du monde, qui a quitté le gouvernement fin mai. Le début de la crise. "Les employés craignent de se faire'dogé'eux-mêmes", titre le Wall Street Journal. "Je m’inquiète du départ d’Elon [Musk], personne ne se joindra à nous, et tout cela va s’estomper lentement", s’alarme auprès du quotidien américain Sahil Lavingia, ancien ingénieur logiciel pour le Doge.
Départs en série
Lors de la violente altercation qui oppose Donald Trump à Elon Musk par réseaux sociaux interposés, ce jeudi 5 juin, les messages fusent entre collègues de travail, rapporte le journal économique. Ils s’interrogent sur leur avenir au sein du Doge, menacé par le spectre du licenciement. Un comble pour ceux qui ont viré des milliers de fonctionnaires.
A la suite des "attaques personnelles sans fondement" du PDG de SpaceX contre le président des Etats-Unis, James Fishback, un des architectes du Doge, annonce le lendemain à Politico s’éloigner du département de l’efficacité gouvernementale. Ce fondateur d’une société d’investissement avait proposé d’envoyer, par chèques, une partie de l’épargne du Doge directement aux contribuables américains.
"Les responsables du cabinet et les hauts fonctionnaires de l’administration Trump reprennent le pouvoir", écrit le Washington Post. D’après le quotidien américain, plusieurs figures du Doge sont parties avant même la dispute publique entre le locataire de la Maison-Blanche et Elon Musk : le lieutenant de ce dernier, Steve Davis, qui supervisait l’agence au quotidien, James Burnham, avocat général du Doge et la conseillère Katie Miller, qui travaille désormais pour le milliardaire controversé. Anthony Armstrong, autre proche du propriétaire de X, a quitté le gouvernement en avril, indique le Wall Street Journal. En tant que banquier, il avait aidé Elon Musk à reprendre Twitter.
Bilan bien loin des attentes
Le Doge comptait une centaine d’employés à son apogée. Le personnel actuel craint d’être victime de "représailles politiques" et "de devenir potentiellement des cibles futures de l’administration", selon plusieurs sources d’ABC News. Certains commencent à chercher du travail ailleurs. La branche information de la chaîne américaine ABC révèle que des entreprises technologiques sont intéressées. La plateforme de cryptomonnaies Coinbase a même créé "un portail d’embauche dédié spécifiquement au recrutement d’anciens employés du Doge."
Bien que la Cour suprême, à majorité conservatrice, a autorisé ce vendredi 7 juin le Doge à accéder aux données personnelles détenues par la Sécurité sociale, celui-ci perd de l’influence dans différents organes du gouvernement. Une équipe du Doge a par exemple été interdite début juin d’accéder aux bâtiments de la Federal aviation administration (FAA), selon le Washington Post. Les quatre membres de la commission, tous employés de SpaceX, auraient également été privés de leurs identifiants et de leurs comptes d’utilisateurs aux systèmes informatiques internes de la FAA.
Elon Musk a laissé le Doge avec un bilan bien loin de sa promesse initiale de réaliser 2 000 milliards de dollars d’économies. 180 milliards de dollars de coupes dans les dépenses fédérales ont été effectuées en quatre mois, un montant sans doute largement surestimé. Le bébé d'Elon Musk a encore du chemin à parcourir. A condition que l’administration Trump lui offre la possibilité de grandir.