Taux d'occupation des prisons : les maisons d'arrêt du Limousin au-dessus de la moyenne nationale
Avec 75.130 personnes incarcérées au 1er novembre, pour une capacité d'accueil de 60.975 détenus dans les prisons françaises, la densité carcérale globale s’établit à 123,2 %, soit 3,2 % de plus qu’il y a un an.
Dans les maisons d’arrêt, où sont incarcérés les détenus en attente de jugement, donc présumés innocents, et ceux condamnés à de courtes peines, le taux d’occupation est de 147,6 %. En Limousin, on compte trois maisons d'arrêt : celles de Limoges (Haute-Vienne), de Guéret (Creuse) et de Tulle (Corrèze). Les taux d'occupation y étaient respectivement de 186,7 %, 159,4 % et 193,6 % au 1er novembre 2023, soit des chiffres bien au-dessus de la moyenne nationale.
La maison d'arrêt de Tulle, mauvais élève du LimousinEn Haute-Vienne, la maison d'arrêt de Limoges, affichait déjà en mars dernier un taux d'occupation de 186,7 %, soit 155 personnes détenues pour une capacité opérationnelle de 83 places. Un taux qui était monté ponctuellement à 240 % le 4 mars, date à laquelle la prison de Limoges hébergeait "139 détenus au quartier hommes pour 58 cellules officiellement (2 lits par cellule, soit un nombre théorique de 116 lits), soit un taux d'occupation de plus de 240 %, et 27 matelas au sol", d'après le représentant syndical Force Ouvrière justice de la maison d'arrêt de Limoges.
Pour ce qui est de la Creuse, le pic d'occupation avait été atteint en août avec 53 détenus pour 32 places. Mais c'est globalement la maison d'arrêt de Tulle qui détient le record d'occupation et frôle régulièrement sur l'année les 200 %, voire les dépasse : ce fut notamment le cas en juin (200 %), en octobre (202,1 %) et en mai (214,9 %) avec respectivement 94, 95 et 101 détenus pour seulement 47 places.
Voici le détail d'occupation des maisons d'arrêt du Limousin depuis le début de l'année 2023 :
Pour lutter contre cette surpopulation carcérale chronique, le Gouvernement prévoit la création de 15.000 nouvelles places d’ici à 2027. En juillet dernier, la Cour européenne des droits de l’homme a condamné une nouvelle fois la France pour non-respect de la capacité d'accueil de ses prisons.
Marie-Julie Achard