Saucissons, fromage, bières… Les nouveaux calendriers de l’Avent se sont bien installés dans le décor
Chaque année c’est la même histoire. Enfin, presque. Le principe reste le même : 24 surprises cachées hors de portée des petites mains impatientes de les déflorer toutes au premier jour de décembre. Le contenu, quant à lui, évolue.
Depuis quelques années maintenant, les chocolats de l’Avent, qui n’ont pas pour autant disparu des rayons, rencontrent de sérieux concurrents. Bières, cosmétiques, charcuterie ou encore fromages s’invitent derrière les petites portes des calendriers. Et font un tabac.
"On sent qu’il y a toujours cette culture du calendrier de l’Avent. Mais les clients recherchent des choses plus hautes en gamme et plus originales", constate Clara Le Prado de l’épicerie fine Picores’y à Aubière. Sur les rayons de ce magasin spécialisé dans le local et le circuit court, trois choix s’offrent à vous : des noisettes enrobées de chocolat, des confitures, ou… de la liqueur. Preuve s’il en est que ce rituel n’est plus réservé qu’aux enfants.
Aujourd’hui, on cible de plus en plus les adultes : ils s’offrent des calendriers entre eux.
Et ce jusqu’à tard dans la saison, remarque Clara Le Prado : "Ce qui m’a beaucoup surprise, c’est que certains offrent des calendriers de l’Avent à Noël. Comme ça, ça leur fait un cadeau qui dure tout janvier?!" Pas bête. Mais on s’éloigne un peu de l’origine de cette tradition née au XIXe siècle en Allemagne.
Ce sont, si l’on en croit les historiens, 24 petites images pieuses qu’il faudrait offrir à ses proches dans l’attente de Noël. Car l’Avent, du latin adventus, "venue, avènement", est la période d’attente et de préparation qui précède l’arrivée de Jésus sur Terre pour les chrétiens.
Trop commercial??Le chocolat ne s’est invité dans l’équation que dans les années 1950. Quant à l’avènement des bières de l’Avent, l’histoire ne le raconte pas encore.
Certains y verront une dérive commerciale. D’autres, les artisans notamment, un moyen de mettre en valeur leurs produits. "Ce n’est pas quelque chose de rentable pour nous, mais c’est un moyen de mettre en avant notre chocolat", explique ainsi Thibaut Revel. "Les gens postent des photos de leurs calendriers sur les réseaux sociaux et cela nous fait une belle vitrine".
D’autres enfin y voient, chaque année, l’occasion d’apporter quotidiennement à leurs proches un petit peu de chaleur en ces froides matinées hivernales. Et si le côté commercial de la chose vous gêne, vous pouvez toujours mettre la main à la pâte : les calendriers faits maison ont le vent en poupe…
Louise Llavori