Julien Laïrle (ASM Clermont) : "On a une mêlée très propre mais pas ultra-dominante parce que les arbitres pensent que l’on triche"
La mêlée reste cet obscur secteur de la conquête et du jeu de rugby que même les initiés peinent parfois à… démêler, pour savoir le vrai du faux, du dominant et du dominé.
A Toulouse, l’arbitre a fait parler de lui, ses décisions sur mêlées n’ont pas aidé à la clarté, du moins si l’on se place du côté clermontois. "Sur les trois dernières mêlées, on a été dominant, assure Julien Laïrle, l’entraîneur des avants de l’ASM. Seulement, et c’est la vérité depuis le début de saison, on n’est pas arbitré comme une équipe qui domine."
Le technicien, arrivé à Clermont cette saison, a pourtant un avis très favorable sur la progression de son pack.
"Depuis le début, on a une mêlée très propre, capable de bien lancer le jeu, qui n’est jamais vraiment en danger. Face à Toulon, la meilleure mêlée du Top 14, je ne nous ai pas sentis fragiles. Par contre, on n’a pas une mêlée ultra-dominante parce que les arbitres pensent que l’on triche, que l’on est à la faute. Souvent, ils ciblent Rabah (Slimani), ça m’embête un peu surtout quand on voit les deux dernières mêlées à Toulouse, à cinq mètres de leur ligne. Je ne comprends pas…"
Christophe Urios n’avait pas masqué sa colère à chaud. Julien Laïrle a fait part, ce mercredi, lui aussi de son incompréhension. "Ce qui me gène le plus, c’est de ne pas être récompensé sur la première mêlée. Qu’elle se relève ok, mais qu’elle avance puis se relève… je n’ai pas compris que l’arbitre la fasse rejouer. Quand tu gagnes les premiers mètres, ta mêlée doit être récompensée."
Et pourtant… La mêlée clermontoise affiche des statistiques éloquentes. C’est la moins pénalisée du Top 14 sur les huit premières journées (9 fautes). "Je trouve que l’on a une mêlée disciplinée, atteste Laïrle. Mais on n’a pas la meilleure sur les pénalités récupérées."
L’ASM, la mêlée la moins pénalisée du Top 14En conclusion, l’ASM possède aujourd’hui un pack capable d’être dominant en conquête. Il lui faut surtout modifier la perception qu’en a le corps arbitral. "Il nous faut régler les observables, ce que regardent particulièrement les arbitres, parce que l’on est beaucoup ciblé. C’est l’image de notre mêlée qui n’est pas bonne en termes de discipline", souligne le coach clermontois.
Lequel assure que le chantier est ouvert. "Aujourd’hui on a un travail à faire pour changer notre image, en faisant beaucoup de vidéos, avec beaucoup plus de relation avec les arbitres. Et puis, le week-end, il y a ce que l’on montre. On doit être plus constant et faire mieux que ça."
Christophe Buron