L'eau qui gèle dans les camelbaks, une femme au serpent... La marche Roanne-Thiers en 9 anecdotes méconnues
À l’aube des 100 ans en 2025, le Groupe montagnard roannais (GMR), organisateur de Roanne-Thiers prépare un livre événement. Celui-ci reviendra sur un siècle d’éditions de cette marche nocturne de 57 km pas tout à fait comme les autres et qui se déroule chaque premier week-end de décembre. L’occasion de revenir sur une série d’anecdotes, celles qui seront à découvrir dans l’ouvrage prévu dans deux ans, parmi beaucoup, beaucoup d’autres.
1. En rapport avec le vélo. À l’origine, il s’agit d’un pari entre trois amis qui décident sur un coup de tête de se rendre à Thiers après une soirée passée à Roanne. Et contrairement à certaines idées répandues, le trio n’aurait pas effectué l’aller-retour. Nous sommes en 1925. Un des amis en question n’était autre que Lucien Clairet, grand amateur de vélo et rédacteur en chef de la revue Cyclo magazine. Un journaliste et sportif aguerri puisqu’il rédigea notamment une série de livres photos sur ses aventures à vélo dont Au Pays des Celtes. "Il est probable qu’il s’entraînait à vélo en été et à la marche à pied en hiver", estime Chantal Blanchon, chargée comme d’autres bénévoles du GMR de collecter des archives pour le livre du centenaire.Lucien Clairet à droite.
2. 100 ans mais pas 100 éditions. La marche nocturne de 1925 ne fut entreprise de nouveau et dans les mêmes conditions qu’en 1931. L’association sera créée quelques années plus tard. Des éditions ont ensuite été annulées durant la Deuxième Guerre mondiale puis bien plus tard, en 2020, lors de l’épidémie de Covid.
3. 43 participations, un record ? Difficile de savoir qui détient le record de participations. L’épreuve n’étant pas une compétition, aucun classement n’a jamais été établi et, au fil des décennies, des documents se sont perdus. Pierre Montagnon (1935-2019), avec ses 43 participations (près de 2.500 km) dans un sens comme dans l’autre ne doit pas être loin du podium, voire de la première marche. Dans ce domaine, une autre anecdote vaut, là aussi, le détour.
Nous avons rencontré un homme de 90 ans qui avait conservé toutes ses cartes de route (distribuées à chaque édition, ndlr), de 1974 à 2004, sans interruption. Sur chacune d’elles, il avait noté ses impressions ou son état de forme.
4. Un très jeune concurrent. Quel âge a pu avoir le plus jeune participant, toutes éditions confondues ? Là aussi les données manques mais un certain Michael Jourdy, en 1996, serait venu à bout des 57 km à 11 ans. "À l’époque, il avait reçu une coupe, on ne le fait plus maintenant", explique Chantal.
5. Étranges rencontres. En 1987, nos confrères du Progrès consacrent un article entier à un drôle de personnage, participant, lui aussi à la marche nocturne. « Il s’agissait d’un homme déguisé en Grognard de Napoléon avec tout son attirail », sourit Chantal. Autre rencontre improbable, celle d’une femme promenant un serpent. Et cela n’a rien d’une hallucination !
6. Les célébrités. En 1984 cette fois-ci, l’écrivain Jacques Lanzmann et Claude Erignac, alors sous-préfet de Roanne dans la Loire s’élancent eux-aussi dans la nuit. Une journaliste de TF1 effectuera elle aussi, une autre année, le périple en entier dans le cadre d’un reportage.
7. Aux origines de la Sainté-Lyon. Dans les archives collectées, le GMR a trouvé une lettre des futurs organisateurs de la Sainté-Lyon, une marche nocturne elle aussi, qui deviendra des années plus tard un sommet du trail en France.
Les organisateurs avaient écrit à Lucien Clairet pour s’assurer que cela ne le dérangeait pas qu’un événement similaire se déroule sur un territoire proche.
8. La météo. Les participants affrontent régulièrement des conditions hivernales en ce début décembre. Une année, le froid étant particulièrement glacial, "les gens avaient soif en arrivant au col Saint-Thomas car l’eau avait gelé dans les camelbaks."
9. Les drames. En 1990, un homme de 44 ans décède d’une crise cardiaque alors qu’un autre participant est renversé par une voiture et n’est que blessé. En 1974, une crise cardiaque est à nouveau la cause du second décès sur l’ensemble des éditions. En 1984, enfin, un véhicule part en tonneaux avec à son bord un conducteur et deux baliseurs. Tous s’en sortent mais sont terriblement choqués. En 100 ans, la marche Roanne-Thiers aura vu des dizaines de milliers de participants rejoindre l’arrivée sans aucun incident.
Yann Terrat
Pratique. La prochaine édition de la marche nocturne Roanne-Thiers se déroule cette année, samedi 2 décembre, avec un départ à minuit dans le sens de Roanne jusqu’à Thiers où l’arrivée s’effectuera exceptionnellement au gymnase Jean-Mince, aux abords du lycée Montdory. Informations et inscriptions sur le site internet ici. À partir de 16 ans. Tarifs uniques : 20 € pour les 57 km et 11 euros pour les 25 km (jusqu’à saint-Just-en-Chevalet). Un service de bus est aussi disponible. Aucun certificat médical n’est demandé mais une bonne condition physique est nécessaire pour espérer boucler l’épreuve.