Dessin et danse se répondent
La performance proposée par Antoine Bouraly et Ella Pelloquin est un mariage entre le travail de l’illustrateur et celui de la danseuse chorégraphe pour une proposition dans laquelle le son tient aussi une place essentielle.
Ella et Antoine se sont connus à Ambert et ont très vite eu envie de travailler ensemble. « Ella avait besoin de bouger et moi de faire du dessin avec un modèle vivant, raconte Antoine. Ça a commencé comme ça. » Le projet, c’est à Cunlhat qu’il a vu le jour : « Ella avait une chorégraphie de 5 minutes qu’elle a dansée dans différents lieux. Et on en a récolté la matière sonore », relate Antoine. De l’église du village jusqu’à la forêt, des sons différents ont ainsi été enregistrés pour que le spectateur puisse ensuite s’imaginer le lieu en question. La suite de la mise en scène a été adaptée au lieu où il allait être présenté, à savoir pour la première, la médiathèque d’Ambert.
C’est là qu’est née l’idée des suspensions. « On avait envie de formes visuelles, rapporte Antoine. À la médiathèque, on a eu l’idée de câbles et de ficelles pour accrocher mes dessins à l’encre. Et la hauteur du lieu a donné une sensation d’espace. »
Ella, elle, revient sur la dramaturgie « de l’église à la forêt et qui se termine la nuit » : « Il y a une partie où Antoine s’inspire des sons de la danse, et moi, je m’inspire de ses dessins qui viennent déjà eux-mêmes de mes mouvements. » Une sorte de discussion entre les deux artistes et leurs deux modes d’expression, pour une idée de « construire un espace qui devient paysage et poésie », ajoute Ella.
Si c’est « Encre et mouvements » qui a été choisi comme intitulé de ce premier jet, le projet global se nomme lui « Collectes en chemins », car si Cunlhat a été retenu comme premier lieu, « on aimerait s’inspirer d’un autre bourg ou d’un autre bâtiment, souligne Ella. Ou encore d’un paysage spécifique à un territoire. » « Nous souhaiterions que ce soit une manière d’expression de lieux où on va, ajoute Antoine, pour que le lieu devienne sujet de discussion artistique. »
De la place pour l’improvisationEt si le projet a donné lieu à de nombreuses recherches, il n’en reste pas moins que côté danse, « tout est improvisé », précise Ella. Le duo veut également donner une place égale aux deux pratiques. Et puis, il y a aussi le travail de montage audio qui a joué un rôle important : « On a enregistré la danse dans plusieurs endroits », rappelle Antoine.
La performance qui est née de cette recherche, Ella et Antoine espèrent pouvoir la faire vivre sur le territoire, et réitérer les ateliers qui ont accompagné la première restitution : « On a eu la chance de pouvoir proposer ces ateliers à différents publics, raconte Ella. Et pour nous, c’est un bon labo de pouvoir transmettre. »