Inutiles, les Cop ?
C’est la 28 e du nom et, pourtant, la courbe des émissions de CO2 ne s’en trouve pas bouleversée ces dernières décennies. Alors quand la Cop met les pieds en terres pétrolifères et se voit parasitée par des négociations commerciales sur l’or noir, on est en droit de se demander à quel niveau nous nous trouvons sur l’échelle du cynisme. Seulement, la politique de la chaise vide profite rarement aux absents. Or, peut-on encore se payer le luxe d’encaisser de nouveaux échecs ? Les ONG et les citoyens ont tout intérêt à peser frontalement plutôt que de se dérober. L’écoanxiété n’est pas sans générer chez de nombreux citoyens des postures de repli sur la sphère privée, tandis que les nationalismes croissants gangrènent l’action collective internationale. De quoi aggraver la fragilité du destin planétaire commun. Est-ce donc vraiment le moment de recycler ce discours sur les Cop inutiles ? « Être pessimiste, au fond, cela revient à baisser les bras et à dire : que ce monde aille à sa perte », disait Primo Levi. « Comme le risque de cette perte est réel, il n’y a qu’une solution : se retrousser les manches ».
l’éditorial
Florence Chédotal