« Je me suis reconnue dans cette femme »
Langeac. Je me suis reconnue dans cette femme. Le café-librairie Grenouille a accueilli vendredi soir Maryse Mézard pour une rencontre-discussion autour de son quatrième roman paru aux Éditions du Panthéon, Antoinette Bonnet, femme donc sorcière (*) .
Une fois de plus, la romancière de Siaugues-Sainte-Marie permet à ses lecteurs de découvrir notre terroir à partir d’un fait réel et d’une biographie. Celle-ci se déroule au XVI e siècle, dans le cadre inquiétant de l’abbaye de Saint-Pierre-des-Chazes.
Depuis son plus jeune âge, Antoinette Bonnet de Boissières sait apaiser les corps et les esprits. Elle aide les femmes à mettre au monde leurs enfants, possède la connaissance des plantes et un étrange don de divination… Bien sûr, l’héroïne ne s’attire pas que des sympathies et l’abbesse des Chazes en personne, jalouse de sa notoriété, lui tendra un terrible piège…
Un pied dans la réalité historique et l’autre dans l’imaginaire, Maryse Mézard a mené alertement son récit après s’être plongée comme à son habitude dans les archives, dont un manuscrit datant de 1652 d’un certain Jacques Branche, religieux prieur au couvent de Notre-Dame de Pébrac. Celui-ci porte sur les vies de saints et saintes d’Auvergne. Il est notamment question de l’exorcisme pratiqué en l’an 1569 sur la personne d’Antoinette Bonnet « possédée d’un grand nombre d’esprits ». « J’ai vécu un an avec cette femme dans laquelle je me suis reconnue, explique l’auteure. Enfant, mon grand-père me parlait de la sorcière de Boissières en allant garder les vaches. J’étais impressionnée. » Ce souvenir, elle ne l’aura jamais oublié. En marge des péripéties historiques, Maryse s’applique à décrire la nature environnante. Son évocation de l’Allier coléreuse porteuse de mort, surnommée « la Gueuse » par la population d’alors, vaut le détour, entre autres morceaux de choix.
(*) Antoinette Bonnet, femme donc sorcière de Maryse Mézard, 20,90 €, disponible à la librairie Grenouille place de la Halle à Langeac.Pratique. Prochaine rencontre à grenouille ce vendredi 1 er décembre à 18 heures, apéro-rencontre sur le thème « Et si on parlait paysage ? » avec Véronique Béné et Marc Prival. Reine Dumarçay