Des plongeurs et apnéistes retirent 150 kg de déchets du lac Pavin
Les eaux limpides et turquoise du lac Pavin, connues des biologistes pour leur écosystème unique, dissimulent une triste réalité. La pollution ne semble épargner aucun espace naturel. Pas même les versants abrupts du cratère volcanique que viennent admirer chaque année des milliers de touristes. Un afflux qui n’est pas étranger à la présence de déchets tapis à plusieurs dizaines de mètres sous la surface.
Deuxième éditionLes plongeurs des clubs d’Issoire, Aurillac, Clermont-Ferrand et Ambert ont participé.Samedi 30 septembre, dès 9 heures, ils étaient une trentaine de plongeurs et d’apnéistes des clubs d’Issoire, Aurillac, Clermont-Ferrand et Ambert, le visage comprimé par la combinaison et marqué par la morsure du froid, à relever leurs filets. Entre les mailles, pas un seul poisson, mais du verre, des boîtes de conserve, des pneus, de la ferraille et surtout : « Beaucoup de plastiques, c’est ce qu’on retrouve le plus. » Pour Christophe Sergeant, ce jour-là directeur de plongée, ces prises n’ont rien de surprenant. « C’est la deuxième année consécutive que nous organisons cette opération de ramassage des déchets au lac Pavin », résume l’adhérent du club issoirien et trésorier du Comité départemental 63 de plongée.
Une eau à 4° C à 20 mètres de profondeur Tina vérifie son matériel avant de descendre à 20 mètres de profondeur.Les détritus, lui et une poignée d’autres passionnés d’exploration sous-marine les observent jusqu’à 60 mètres de fond d’octobre à avril. Mois pendant lesquels ils sont autorisés à plonger ici. Tina a 400 plongées à son actif. Ce site protégé, elle le connaît bien.
"C’est un plaisir de plonger dans le Pavin. Il faut le nettoyer, le préserver. Il y a trop de plastique. C’est le gros problème."
En binôme, les ramasseurs vêtus de leur épaisse combinaison disparaissent les après les autres pour descendre jusqu’à 20 mètres, là où la température ne dépasse pas 4 °C. En surface, les bulles d’air trahissent leur présence et leurs déplacements.
Un nettoyage dans et autour du lacLes plongeurs et apnéistes ont scruté le lac jusqu'à 13 heures.Près de la berge, Philippe, Stéphane et François quadrillent la zone équipés d’un unique tuba, de lunettes et d’une paire de palmes. Ce sont les apnéistes. « On plonge une minute environ jusqu’à 6 mètres de profondeur », indique l’un d’eux.
Le nettoyage s’effectue aussi sur la terre ferme. Une équipe de randonneurs sillonne les abords du lac et, comme pour les plongeurs, dès que le filet est plein, les déchets sont entreposés dans une benne mise à disposition par la municipalité de Besse-et-Saint-Anastaise.
À raison de trois rotations sous l’eau au maximum, Les plongeurs des clubs puydomois et cantaliens se sont relayés toute la matinée. Vers 13 heures, la barre des 150 kg de détritus retirés du lac était franchie. Une quantité identique à l’année précédente.Les clubs participants devraient reconduire l'opération en 2024.
David Allignon