Pour quelles raisons précises la salle Espace de Thiers a-t-elle vu le jour en 1989 ?
Trois salles et une seule adresse. Vendredi 8 avril 1989, les Thiernois se pressent aux portes ouvertes organisées au lendemain de l’inauguration du site. Une date repoussée de quelques semaines pour cause d’élections municipales. Trois salles aux noms de circonstance (Armstrong, Copernic et Galilée), et le grand hall vont pouvoir désormais accueillir concerts, expositions et rendez-vous associatifs dans ce temple de la culture flambant neuf : la salle Espace. Pensée par l’architecte Jean-Louis Godivier sur le thème des bateaux et de la modernité, la structure tranche clairement avec le bâti thiernois historique.
Grands volumes, panneaux réfléchissant la lumière, hublots, murs aux couleurs vives jaunes et bleues. Le parti-pris architectural se veut à la hauteur des ambitions d’une municipalité dirigée alors par Maurice Adevah-Pœuf qui souhaite une réorganisation de fond de la vie culturelle et associative thiernoise.
D’anciennes salles plus vraiment adaptéesUne refonte devenue nécessaire au milieu des années 80 et répondant à la demande de nombreuses associations locales jugeant les grandes salles thiernoises, plus vraiment adaptées aux besoins croissants.
La salle des fêtes, rue Philippe-Dufour, souffre de vétusté. La rendre performante aurait alors exigé le lancement d’une vaste opération de réhabilitation aussi onéreuse que la salle Espace, soit environ 10 millions de francs.
Autre site, en bas de Thiers, la salle polyvalente (aujourd’hui salle Jo-Cognet) n’est quant à elle pas adaptée à certains types d’événements comme les bals, même si certaines améliorations opérées en 1977 ont permis de la rendre plus polyvalente, précisément.
À ces deux salles historiques s’en ajoutait une troisième, un peu par défaut. La récente Maison des sports, vaste, moderne et fonctionnelle, accueille alors de grosses manifestations. Mais sa vocation étant avant tout sportive, les autres utilisations ne pouvaient être qu’exceptionnelles.
En mai 1987, une photo montre des dizaines de représentants d’associations invités par la municipalité à se réunir et réfléchir à ce que pourrait être ce futur complexe culturel, en fonction des besoins de chacun. L’idée retenue est finalement celle d’un bâtiment unique de trois salles.
Comme indiqué "en avant-première" dans le bulletin du conseil municipal de décembre 1988, la première salle (Armstrong) "servira à accueillir des bals, expositions, congrès, dîners dansants. Une salle à laquelle seront joints un vaste bar et une cuisine moderne". La deuxième, salle Galilée (500 places), « avec scène et coulisses, régie, équipements de sonorisation et d’éclairages professionnels ». Une troisième enfin (Copernic), "plus petite mais dotée des mêmes éléments techniques."
En 1990, un an seulement après son ouverture, la salle Espace comptabilisait 52.835 entrées et des utilisations aussi diverses que la réception de 300 chefs d’entreprise, des bals, des assemblées générales, des concerts, etc. Espace était mise sur orbite.
Yann Terrat
L'ancienne salle des fêtes de Thiers. Avenue Philippe-Dufour, une grande façade blanche sur laquelle il est encore possible de déchiffrer "Cinéma Théâtre" inscrit en grosses lettres, cache ce que fut le lieu incontournable qui accueillit les animations culturelles des Thiernois. Ceci jusqu’à la création de la salle Espace. La salle des fêtes de la ville qui abrita, un temps, un cinéma, était composée d’une salle avec un balcon et d’une scène. L’imposant bâtiment servit plus tard de lieu de stockage pour la municipalité avant d’être revendu à l’Ophis, il y a quelques années. Le bâtiment va bientôt bénéficier d’importants travaux de rénovation et sera découpé en 25 logements locatifs.