Pourquoi La Jordanne, à Aurillac, risque de disparaître de la carte des collèges du Cantal
Le dossier n’était pas à l’ordre du jour de la séance du Conseil départemental, ce vendredi 29 septembre. Mais, au moment d’aborder la délibération concernant la dotation de fonctionnement des collèges publics pour 2024, Pierre Mathonier (Union des gauches et des écologistes), est intervenu sur la possible fermeture du collège de La Jordanne, à Aurillac.
Les inquiétudes de l'Union des gauches et des écologistesDans le cadre de la révision de la carte des collèges publics dans le Cantal, qui sera évoquée en fin d’année, l’établissement, qui accueille plus de 500 élèves, est menacé de fermeture.
« Depuis la rentrée, de nombreux parents, dont les enfants sont scolarisés en CM2 dans les écoles de Belbex ou de Tivoli s’inquiètent, à juste titre, car ils ne savent pas quel sera le devenir de leur enfant », assure Pierre Mathonier, par ailleurs maire PS d’Aurillac.
« Et quid des enseignants ? Et des dispositifs qui y sont proposés comme les Ulis et pour les élèves allophones, qui doivent rester sur Aurillac ? C’est un sujet de préoccupation majeure. Quand on veut se targuer de faire de l’attractivité, l’enjeu du mandat, quel message envoie-t-on aux nouveaux habitants en fermant un collège au nom d’une logique comptable ? »
Le collège de La Jordanne, à Aurillac, est-il condamné ?
Des travaux impossibles à réaliser en site occupéUn argument que réfute Bruno Faure, le président LR du Département. Si le collège aurillacois devait fermer, « il s’agit bien d’une problématique structurelle ». En l’occurrence, l’architecture, de type Pailleron, de cet établissement construit en 1965.
« Ce sont des bâtiments amiantés, on ne peut pas intervenir en site occupé. Nous sommes dans l’incapacité d’améliorer le rendement thermique ou le confort. Si jamais l’idée nous venait de faire les travaux, il faudrait, de toute façon, demander aux élèves de quitter les lieux. À partir de là, il faudrait qu’on soit capable de prendre en charge ces collégiens dans d’autres établissements. Et là, des considérations financières peuvent venir : est-ce qu’on a la capacité à agrandir un collège ou à construire un autre collège ? »
Pour Philippe Fabre, c’est bien « la sécurité des élèves et du corps enseignant et pédagogique » qui guide le Département dans sa réflexion. « Il nous appartient à nous, élus, de dépasser l’émotion que suscite ce sujet pour apprécier les bonnes conditions à mettre en œuvre pour nos jeunes Cantaliens ».Et de rappeler également que le vrai sujet est le maillage territorial des collèges, au vu des projections de l’Éducation nationale, une diminution importante des effectifs à l’horizon 2030.
Une réunion avec le recteur d'académie« Sur les 500 élèves accueillis à La Jordanne, 170 sont Aurillacois, il est hors de question qu’ils se rendent à Saint-Mamet, à Saint-Cernin ou à Laroquebrou », a par ailleurs assuré Philippe Fabre, à Valérie Rueda (Union des gauches et des écologistes), qui s’inquiétait de l’impact d’une fermeture sur la vie familiale des enfants (transports, activités périscolaires, amplitude horaire…).« En matière d’équipements publics, on ne peut pas s’arrêter à des cas particuliers, on doit donner un cap et fixer de grandes orientations, sinon, on ne fait rien », poursuit Bruno Faure, qui espère que l’Éducation nationale accompagnera la collectivité dans cette démarche. « Et qu’elle ne se saisisse pas de cette occasion pour supprimer des postes. » Une rencontre avec le recteur d’académie est d’ailleurs prévue à ce sujet.
Sur les modalités d’une éventuelle fermeture, « il n’y a pas de calendrier établi aujourd’hui », coupe court Bruno Faure. « C’est une décision que nous prendrons collectivement lors de la session budgétaire de fin d’année », conclut Philippe Fabre.
Emmanuel Tremet