Même au Kärcher
Emmanuel Macron et Gérald Darmanin, l’Iznogoud de l’Intérieur, se posent en chiropracteurs de la fracture territoriale. Qui dessine, à première vue, une carte de France en clair-obscur. Entre les lumières aveuglantes des métropoles et l’extinction des néons des services publics dans les campagnes. En promettant d’ouvrir 200 nouvelles brigades, le duo ne fait que reconnaître un abandon qui ne dit pas son nom. Les 500 gendarmeries supprimées entre 2007 et 2016 symbolisent à merveille le recul de l’État. Mais la France périphérique n’a pas, pour le coup, le monopole de ce recul en matière de sécurité. C’est bien l’ensemble du territoire qui n’en finit pas de payer l’abrogation de la police de proximité. « Vous n’êtes pas des travailleurs sociaux », avait tancé, en 2003, le ministre Nicolas Sarkozy. Un joli coup pour soigner sa droite et s‘ouvrir les portes de l’Élysée. Mais qui aura participé à détricoter le lien essentiel entre la population et les forces de l’ordre. Car, au fond, qu’est-ce que la Gendarmerie, si ce n’est l’essence même de la police de proximité ? Avec ce délicat équilibre entre écoute, protection et répression. Il est des fautes politiques que l’on ne peut effacer. Même au Kärcher.
l’éditorial
Dominique Diogon