François Tessier, nouveau procureur de la République de Tulle, affiche pragmatisme et souhait d'une justice transparente
En poste depuis le 1er septembre, François Tessier, nouveau procureur de la République de Tulle, connaît déjà bien la juridiction, mais aussi les fonctions de magistrat du parquet. Lors de son précédent poste, qu’il a occupé durant 3 ans, il était en effet secrétaire général au parquet général de la cour d’appel de Limoges, et donc travaillait au quotidien sur l’activité de l’ensemble des parquets du ressort de la cour, dont celui de Tulle.
Adapter la réponse pénale à chaque casQuelques années auparavant, son parcours de magistrat l’a également amené à assurer des fonctions de parquetier au sein de différents tribunaux : d’abord à Rouen comme substitut du procureur de la République à partir de 2011, date à laquelle François Tessier sort diplômé de l’École nationale de la magistrature de Bordeaux ; ensuite, toujours en tant que substitut, à Saint-Nazaire puis à Périgueux, de 2017 à 2020. Avant de rejoindre le parquet général de la cour d’appel de Limoges, il assure, de novembre 2020 à janvier 2021, l’intérim au tribunal judiciaire de Brive pour remplacer dans ses fonctions l’ancien procureur de la République, Yann Le Bris.
« Analyser, regarder ce qui s’est fait avant mon arrivée. » : le nouveau chef de juridiction se veut attentif et prudent : « Il y a une phase nécessaire de continuité avec mon prédécesseur. » Dans cette dynamique de continuité de la politique pénale, certains thèmes feront encore, précise François Tessier, l’objet d’une priorité, à l’instar de la lutte contre les violences en général, et en particulier les violences intrafamiliales et à l’encontre des élus, ou encore de la lutte contre les trafics de stupéfiants. « Nous portons une attention toute particulière à ces deux thèmes, même si, évidemment, toutes les infractions seront traitées », précise-t-il.
Favorable à une justice "transparente et visible"Avant son installation protocolaire le 29 septembre prochain, le nouveau responsable de parquet, qui travaillera avec une vice-procureure et une substitut (*), affiche déjà son souhait de « servir une justice de qualité, adaptée à la spécificité de toutes les situations : « Il faut garantir des décisions rendues dans des délais rapides, à tout le moins raisonnables. » Il faut aussi, poursuit le magistrat, que les décisions soient exécutées, « ce qui fait partie des prérogatives du parquet ». Enfin, il entend aussi « servir une justice transparente et visible » : « Il faut que, au quotidien, la population soit informée sur comment la justice est rendue. Quand on méconnaît la justice, on en doute, et c’est un très mauvais message pour la démocratie. »
(*) Ce 3e poste théorique au parquet n’est pour l’heure toujours pas pourvu par une affectation pérenne, une magistrate placée par le parquet général de Limoges assurant actuellement ces fonctions.
Julien Bachellerie