Les annonces fantoches de Bruno Le Maire sur le désendettement et la baisse d’impôts
Dans une récente interview avec Le Figaro, l’inénarrable ministre des Finances, Bruno Le Maire, prétend que la future « loi de programmation des finances publiques » (LPFP) va « présenter la trajectoire accélérée de désendettement du pays ».
De surcroît, cette annonce fantoche s’accompagne d’une « nouvelle ancienne » annonce de baisse d’impôts sur les ménages de deux milliards d’euros.
Les deux points sont d’immenses plaisanteries.
Les déficits
Bruno Le Maire, l’homme qui « n’a jamais été doué en maths », n’a absolument aucune idée des catastrophes qu’il a créées depuis qu’il usurpe le poste auquel il a été propulsé par un miracle que j’avoue ne pas comprendre.
Tout d’abord, sous son règne, la dette publique a absolument explosé.
Comme nous l’avions correctement prédit dès le 4 avril dans ces pages, la dette de la France dépassait déjà 3000 milliards d’euros au premier trimestre 2023.
En France, le niveau de la dette est en effet rapporté avec près de trois mois de retard par l’INSEE. Ainsi, donc, cette dernière ne publiera pas la situation à la fin du second trimestre avant le 29 septembre.
Mais nous connaissons bien la trajectoire.
Les déficits sont saisonniers : depuis 2010, ils augmentent en moyenne de 56 milliards au premier trimestre, de 28 milliards au second, et de 11 milliards au troisième trimestre (si nous excluons le second trimestre de 2020.)
Ils baissent de 4 milliards au quatrième trimestre quand les hommes de l’État redoublent de subterfuges pour faire entrer la dette publique dans le carcan autorisé par les hauts fonctionnaires français postés à Bruxelles.
Nous pouvons ainsi d’ores et déjà prédire que la dette publique est d’environ 3052 milliards à l’instant où ce billet est publié.
Au cours des derniers 25 trimestres de son ministère, ce dangereux personnage a laissé la dette augmenter de 799 milliards d’euros, un record au cours de l’histoire de France.
Le chiffre est tellement dévastateur que nous pourrions nous demander si le fait que « son intelligence est un obstacle » (comme il le dit lui-même) n’explique pas pourquoi il est au pouvoir : sans la capacité de mesurer son immense échec, et tout occupé qu’il est à écrire de mauvais romans, il permet aux hommes de l’État de dépenser à tout-va sans obstacle politique.
Trajectoire
La dette ne baissera pas – loi de programmation des finances publiques ou pas… – car les dépenses ne baisseront pas, et la charge des intérêts augmentera.
Comme nous l’avions vu dans un précédent billet, la charge de la dette est sur une trajectoire fortement ascendante : elle va rapidement absorber une part croissante des dépenses publiques.
C’est d’autant plus déplorable que cela fait des années que Bercy emprunte sur des durées beaucoup trop courtes, ce qui oblige l’État à constamment refinancer sa dette.
Tout allait bien lorsque les taux baissaient, mais ceci va conduire à une énorme facture maintenant que les taux d’intérêt remontent.
C’était parfaitement prévisible et nous dénonçons cette mauvaise gestion dans Contrepoints depuis 10 ans (ici, ici et là) : le niveau d’amateurisme est proprement incroyable en ce qui concerne une très simple base de la finance en général et de la gestion des dettes en particulier.
De 112 % à 108 % ?
Supposément, cette nouvelle loi de programmation des finances publiques permettrait de réduire la dette publique, de plus de 112 % aujourd’hui, à 108 % du produit intérieur brut (PIB) d’ici 2027 en ramenant le déficit public en dessous du seuil critique de 3 %.
Là encore, l’arithmétique est tout simplement fausse, et j’aimerais vraiment avoir une discussion avec l’équipe qui pense que c’est possible, car, si c’est logiquement correct, elle doit avoir inventé une nouvelle branche des mathématiques.
Pour ce faire, il faudrait, soit, engendrer des excédents budgétaires, soit avoir une croissance du PIB beaucoup plus élevée que celle de la dette…
Plus probablement, il ne s’agit là que des mêmes chiffres complètement fantaisistes que l’Agence France Trésor avait eu l’outrecuidance de présenter aux économistes de marché fin 2017 et qui prétendaient montrer que la dette allait baisser de 96,8 % en 2017 à 91,4 % en 2022 (ici) !
Réforme fiscale
Quant à elle, la pseudo-réforme fiscale conduisant à une baisse de deux milliards pour les ménages modestes en 2025 est une insulte de plus faite aux Français.
Représentant seulement 0,0699 % du PIB de 2025, cette réforme naît dans le flou le plus complet : peut-être pour les ménages dont le revenu est compris entre 1500 et 2500 euros par mois, peut-être via une réduction de l’impôt sur le revenu, peut-être un allègement des cotisations salariales, peut-être en 2025, peut-être pas.
Que d’amateurisme ! Que d’impréparation ! Que d’esbroufe !
Les hommes de l’État prennent vraiment l’électeur médian pour ce qu’il est peut-être.
De plus, cette nano-réforme est la même que celle annoncée à la va-vite par le président Macron le 15 mai (ici).
Comme nous l’avions vu, cette pico-réforme fiscale était essentiellement une réaffectation de fonds de la réforme des droits de succession et de la « conjugalisation » (sic) de l’impôt sur le revenu pour les couples non mariés, qui n’auront pas lieu.
Ainsi, donc, cette femto-réformette consistait vraiment à prendre de l’argent promis à Paul pour le donner à Pierre lors d’une prestation télévisée pilotée par les habituels journalistes de complaisance.
Cette vilénie se double du fait que les impôts ont considérablement augmenté – en moyenne – pour l’ensemble des contribuables sous la présidence Macron.
Chaque année, à 4 % de taux d’intérêt, les 799 milliards de nouvelle dette publique du sieur Le Maire vont coûter un petit 32 milliards d’euros aux contribuables : comme le faisait remarquer David Ricardo, un déficit d’aujourd’hui est un impôt de demain.
Finalement, le Macronisme est l’art d’annoncer plusieurs fois les mêmes fausses baisses d’impôts – bis repetita placent –, programmées plusieurs années à l’avance, pendant que l’on augmente discrètement la pression fiscale sans fanfare.
Il faut revenir des années et des années en arrière, il y a bien longtemps, – peut-être sous la présidence Hollande ou la présidence Sarkozy ou la présidence Chirac – pour trouver des exemples d’une telle duplicité !