Tour de France : une vraie journée en enfer entre Vulcania et Issoire
Quelques minutes après l’arrivée, Romain Bardet est descendu du car de la DSM livide et exténué. Le grimpeur avait juste la force d’échanger quelques sourires avec les supporters auvergnats venus le saluer. Il n’avait pas la force de faire plus. Juste en face est stationné le véhicule de la Soudal - Quick Step. Littéralement avachi sur son vélo, Julian Alaphilippe ne peut décrocher un mot. Les coureurs arrivent grappe par grappe, les joues creusées par l’effort. Sur les boulevards issoiriens, on se croirait presque dans une station alpestre après une étape de haute montagne.
La journée de ce mardi fut intense. Dès les premiers hectomètres. Entre Vulcania et Issoire, certains ont même failli y laisser de grosses plumes. David Gaudu et Romain Bardet, les deux Français les mieux placés au général, se sont retrouvés largués dans le col du Guéry. Sans un ralentissement de la Jumbo Visma devant et l’aide de leurs coéquipiers, les deux Tricolores auraient pu ne jamais retrouver leur place dans le peloton. Il leur aura fallu finalement quarante kilomètres pour souffler un bon coup et rallier l’arrivée sans dommage.
« Peut-être bien l’étape la plus difficile du Tour »La chaleur étouffante qui a plombé le Tour de France mardi n’est vraiment pas la meilleure amie du cycliste car le moindre effort peut se payer cash. Le leader de la DSM l’a appris à ses dépens après avoir secoué le cocotier dans le col de la Moreno. David Gaudu n’a lui tout simplement pas pu suivre le rythme du peloton.
« La chaleur était importante. La tension et la pression d’entrée de jeu étaient immenses, décrit Marc Madiot le patron des Groupama-FDJ. Il y a eu un début d’étape compliqué pour nous. L’extrême chaleur conjuguée aux efforts consentis dès les premiers kilomètres explique nos difficultés du jour. La course a démarré très vite. On a vu des coureurs qui s’échappaient, se faisaient rattraper puis lâcher par le peloton. Il fallait vraiment doser, doser, doser. »
Autre problème et non des moindres, cette étape caniculaire n’est pas arrivée au meilleur des moments. Pour beaucoup de coureurs, les lendemains de journées de repos sont parfois difficiles à gérer pour les organismes. Les jambes ayant du mal à redémarrer. Surtout sous ces fortes chaleurs.
"On fera le bilan dans moins de deux semaines mais c’était peut-être bien l’étape la plus difficile du Tour. La chaleur, le parcours très agressif, les petites routes… Il y avait tous les ingrédients."
« En plus, les lendemains d’une journée de repos, les organismes répondent toujours différemment. C’est difficile de l’expliquer car c’est physiologique. Certains coureurs ont beaucoup de mal après les journées de repos. Ce fut souvent le cas pour Romain (Bardet) lorsqu'il était chez nous. » D’autant plus quand les étapes se disputent sous un soleil de plomb et sans un seul mètre de plat.
Arnaud Clergue