Un habitant de Clermont-Ferrand se bat pour voir sa fille
L’impasse. Jean-Philippe ne sait plus quoi faire. Père d’une adolescente de 12 ans, il ne cesse de lutter, procédure judiciaire après procédure judiciaire.Divorcé d’avec la mère en 2016, il vivait dans l’Ain et est venu s’installer à Clermont-Ferrand pour le travail. À l’époque, il dispose d’un droit de visite un week-end par mois, sans les vacances scolaires.Mais, peu à peu, il souhaite profiter plus de son enfant. « Je voulais voir ma fille davantage, ça n’a pas été possible », confirme Jean-Philippe, qui se remarie en 2018. "La première année, ça allait, mais après, ça a commencé à vraiment bloquer."Il se tourne alors vers Me Géraud Manein et entame une procédure devant le juge des enfants. Et obtient gain de cause, en novembre 2020. Par paliers, tout d’abord : un jour par mois en milieu médiatisé. Puis, à terme, il peut recevoir sa fille un week-end sur deux et la moitié des vacances scolaires.
"Une négation de l’État de droit, je n’ai jamais vu ça"La mère conteste toutefois cette décision. Rendez-vous est pris devant la cour d’appel de Lyon qui rend un arrêt en faveur de Jean-Philippe, encore une fois. "Cet appel avait suspendu le droit de visite en attendant qu’une expertise psychiatrique soit effectuée", décrypte Me Manein. La requête du père est confirmée et, depuis décembre dernier, il est censé avoir le droit de voir son enfant.L’affaire n’est pourtant pas encore réglée. "Je n’ai pas vu ma fille depuis six mois. J’ai même passé deux ans sans la voir. La dernière fois que je l’ai eue au téléphone, elle m’a raccroché au nez, elle ne m’appelle plus papa », confie Jean-Philippe, toujours déterminé à renouer le lien, mais qui se heurte à un mur judiciaire.Car la mère, malgré les jugements, refuserait toujours de lui confier l’adolescente. Au total, près de vingt-cinq plaintes ont été déposées par Jean-Philippe pour « non-représentation d’enfant."
Depuis le jugement de la cour d’appel, en décembre, il en dépose une tous les mois. À ce stade néanmoins, le parquet de Bourg-en-Bresse n’a jamais décidé de poursuivre. "Plus que des poursuites, ce que l’on souhaite, c’est qu’il puisse exercer ses droits, reprend l’avocat clermontois. C’est une négation de l’État de droit. Quand un juge rend une décision, elle doit être mise à exécution par le parquet. Là, il refuse, arguant que ce n’est pas dans l’intérêt de l’enfant, sauf qu’il y a un jugement en notre faveur, je n’ai jamais vu ça."Depuis le début de ce mois de juillet, Jean-Phillipe est censé recevoir sa fille chez lui deux week-ends par mois. Il ne sait toujours pas si cela se fera. "On est démuni, on sait plus quoi faire", se désole le père, qui entend continuer à se battre.
Julien Moreau
Sollicitations. Contactée par nos soins, l’avocate de la mère, en concertation avec sa cliente, n’a pas souhaité réagir. De son côté, le parquet des mineurs de Bourg-en-Bresse n’a pas donné suite à nos sollicitations.