"On est maudit" : avec la disparition d'Émile, la malédiction frappe encore le village du Vernet
Au Vernet (Alpes-de-Haute-Provence), la disparition d'Émile ravive des blessures encore vives. En 2008, le paisible village de 150 âmes avait été secoué par le meurtre d'une "institution locale", dixit Gilles Thezan, un habitant du Vernet. Jeannette Grosos, surnommée la Jeannette, succombait, tuée sous les coups sauvages d'un client, un jeune garçon connu dans la localité, que certains considéraient même comme le simplet du village...
Surtout, en 2015, le copilote Andreas Lubitz précipitait volontairement son A320 de Germanwings (vol 4U9525) contre une montagne voisine, provoquant la mort des 144 passagers et des six membres d'équipage. Depuis, la zone du crash est "sanctuarisée", une stèle ayant même été élevée à la mémoire des victimes du crash à la lisière de ce champ qui fait face aux Trois Évêchés.
"J'ai très peur pour Le Vernet"Lors de ce drame, des dizaines de journalistes venus du monde entier débarqueront, ainsi que les familles des victimes, mobilisant des dizaines de camions de gendarmes mobiles pour assurer la tranquillité des proches venus se recueillir.
"On a l'impression de revivre ces drames depuis samedi. Trois en quinze ans : ça fait beaucoup pour un si petit village. D'autant que là, il s'agit d'un enfant de deux ans et demi. J'ai très peur pour Le Vernet...", soupire, sous le regard des gendarmes interdisant l'accès au village aux journalistes, Christian Mollet, un enfant du pays, dont le père, Henri, fut longtemps maire du village.
Maudit, Le Vernet ? François Balique, l'actuel premier magistrat, évacue d'un geste de la main. "Non, on ne peut pas dire ça. Ce sont les hasards de la vie."
Nicolas Faucon, envoyé spécial au Vernet.