ASM Clermont : l'heure du vrai départ pour Christophe Urios
À l’heure où les pentes des cols de la région clermontoise vibrent pour la fièvre du Tour de France, la plaine des Gravanches a elle aussi perdu de sa quiétude estivale. Et pour cause, les joueurs de l’ASM ont effectué leur rentrée des classes, ce lundi, devant leurs plus fidèles supporters. S’il manquait quelques hommes sur la photo, des nouveaux visages ont fait leur apparition. Dans le staff notamment. Outre les recrues, Frédéric Charrier (entraîneur de l’attaque), Julien Laïrle (avants et défense), Mourad Abed (préparation physique) et Ian Vass (jeu au pied) découvraient l’effectif et les infrastructures "jaune et bleu".
Pour l’entraîneur en chef Christophe Urios, ce changement d’ère symbolise un nouveau départ. Après quatre premiers mois en Auvergne où il a fallu beaucoup s’adapter en travaillant souvent dans l’urgence, cette nouvelle saison qui se profile symbolise le vrai départ de l’aventure clermontoise pour le technicien.
On le sait, Christophe Urios est extrêmement proche des Charrier, Laïrle ou Abed pour avoir travaillé avec eux durant de nombreuses saisons, que ce soit à Castres, Bordeaux, Oyonnax ou Bourgoin. Et les avoir à nouveau à ses côtés conditionne bien des choses.
"Leur arrivée est pour moi quelque chose d’inestimable, avoue sans mal Christophe Urios. Je sais parfaitement de quoi ils sont capables. Je sais que nous sommes fluides dans notre fonctionnement. Ils savent ce que j’attends de leur part et eux me connaissent par cœur. On gagne donc un temps fou. On est content de se retrouver et de travailler à nouveau ensemble."
Il n’y a pas vraiment besoin de lire entre les lignes pour comprendre que ce paysage familier va permettre au coach de retrouver un fonctionnement plus naturel. Lors du premier semestre clermontois, il a beaucoup appris sur le fonctionnement du club et sur le caractère des joueurs qu’il avait en face de lui. L’homme a aussi tiré des leçons personnelles de ses premiers mois du côté du stade Michelin.
"On réussit quand on est soi-même""Quand je suis arrivé, j’étais obligé d’embarquer les mecs. Il restait quatre mois et je ne pouvais pas me mettre tout le monde à dos. Mais j’aurais pu faire les choses différemment. J’aurais pu faire un séminaire de staff par exemple. Mais sur le moment, j’étais loin de ça. La leçon que je peux en tirer, c’est que l’on réussit quand on est soi-même. Et pendant quatre mois, je n’étais pas moi-même. Comme lors de ma première partie de saison à Bordeaux où je voulais ménager tout le monde car je sentais qu’il y avait de la friture. Tu ne gagnes pas quand tu fais la copie de quelqu’un d’autre. En tout cas, moi, ça ne va pas."
Tout cela devrait donc changer très rapidement. Le coach en a en tout cas la motivation. Car après une saison noire, il s’agit cette fois pour l’ASM Clermont de ne pas se louper. Pour les supporters toujours aussi fidèles, mais aussi pour Michelin qui a permis de sauver le club en devenant actionnaire majoritaire. "Si Michelin n’avait pas été là, on ne préparerait pas une saison de Top 14."
"On a construit une organisation qui nous permettra de marcher à nouveau sur la lune"Les joueurs sont donc prévenus, les mentalités vont devoir changer. Et s’il ne veut pas encore parler d’objectif précis, Christophe Urios entend bien imposer sa méthode. "On a besoin d’être humble dans ce que l’on veut faire. Et surtout on a besoin de travailler sur le chemin. Évidemment, tout ce qui est mis en place c’est pour jouer le plus haut niveau. On doit retrouver ça. Mais actuellement, ce sont des paroles en l’air. C’est le terrain qui parlera. On a construit une organisation qui nous permettra de marcher à nouveau sur la lune. Michelin nous donne des perspectives intéressantes. Mais en face, il ne faut pas que l’on déconne. Parce que ça ne passera qu’une fois." Les mots sont dits.
Texte : Arnaud Clergue
Vidéo : Philippe Robert