Henri Gisselbrecht, maire de Lempdes : "Il a fallu s’adapter à toutes les crises"
Quel bilan global tirez-vous de cette première partie de ce deuxième mandat ?"Je peux vous dire qu’il a été compliqué à tout point de vue. Nous avons été élus le 15 mars 2020 et le 17 mars, nous étions confinés. Après la crise sanitaire, sont venues la crise énergétique et celle de l’inflation. Nous avons dû gérer et prendre des mesures dans l’urgence. Je suis d’ailleurs très reconnaissant du travail effectué par les élus, les services de la ville et le tissu associatif dans ce contexte si particulier. Nous avons même eu l’impression de perdre de vue les projets qu’on voulait mettre en place. Finalement, si certains d’entre eux ont dû être lissés dans le temps, d’autres ont bien été lancés, voire aboutis. "
Lesquels ?"Il y a un gros volet en termes de transition énergétique où nous avons bien avancé. Lors de cette première partie de nouveau mandat, nous avons pu inaugurer la crèche rue de Dallet qui est le premier bâtiment public de la ville en géothermie. D’autres bâtiments vont bénéficier de rénovation énergétique. Le parking de la salle de spectacle de la 2Deuche a été doté d’ombrières photovoltaïques. L’urgence de la crise énergétique a changé la donne et notre plan de déploiement en photovoltaïque a été accéléré. Cela se fait sur un an au lieu des trois prévus."
Des ateliers citoyens ont également été créés…"L’objectif était de devenir une ville plus participative. Nous avons utilisé ce moyen pour travailler sur la requalification du parc de la mairie. Nous allons passer d’ici fin 2023/début 2024 à la phase opérationnelle de ce projet."
Quelles actions ont été mises en place en faveur de la jeunesse ?"Nous avons réalisé une enquête via les réseaux sociaux auprès des jeunes de 12 à 20 ans qui a abouti à la création du City Stade, un équipement sportif sécurisé et libre d’accès."
Quelles sont les actions réalisées pour l’écologie ?"Il y a tous les travaux de rénovation énergétique cités précédemment. Nous avons procédé à l’arrêt des pesticides sur tous nos sites sportifs et sur le cimetière. Les équipes des espaces verts ont le matériel nécessaire dans cette optique-là. Nous avons aussi notre projet de coulée verte qui a pris du retard en raison de la crise sanitaire. L’objectif est de relier le centre-ville à l’avenue de l’Europe via une voie réservée uniquement aux vélos et aux piétons. Les études sont en cours."
Vous teniez aussi à ce que Lempdes ait sa place au sein de Clermont Auvergne Métropole…"Je suis vice-président en charge du développement et de l’attractivité économiques au sein de cette collectivité. Lempdes se développe économiquement, elle compte 320 entreprises qui regroupent 3.200 salariés. Notre commune n’est plus une ville-dortoir, c’est aussi une ville où l’on vient pour travailler. Elle est identifiée comme un pôle de développement à l’est de la métropole."
Vous avez aussi pris des mesures en termes de sécurité…"C’est un engagement qui était déjà ancré lors de notre premier mandat avec la mise en place de l’opération “voisins vigilants”. Pour ce deuxième mandat, nous avons renforcé la police municipale avec le recrutement d’un 4e agent permettant une présence de 8 à 20 heures, des patrouilles plus fréquentes autour des écoles, mais aussi jusqu’à 22 heures durant l’été une fois par semaine. Avec Clermont Auvergne Métropole, nous allons également déployer une cinquantaine de caméras sur la zone d’activité de Lempdes d’ici fin 2023."
En 2022, le taux d’imposition a augmenté. Comment l’expliquez-vous ?"La taxe d’habitation a été supprimée et nous recevons une compensation de la part de l’État. Or celle-ci est figée depuis 2019, ce qui représente un énorme manque à gagner. D’autant que sur la commune de Lempdes, il y a seulement 30 logements vacants. Au cours de mes deux mandats, nous avons augmenté deux fois la taxe foncière, en 2015 et en 2022. Je tiens à préciser que pour 2023, nous avons réussi à boucler un budget qui n’entraînera pas de hausse d’impôt pour cette année."
En revanche, il a été annoncé une hausse des tarifs de la cantine scolaire…"Depuis l’année dernière, nous subissons la hausse du coût de l’alimentation. Nous avons mis en place pour la tranche la plus basse le repas à un euro et à la rentrée prochaine, nous le maintiendrons et nous allons créer deux tranches supplémentaires plus élevées et pour celles-ci, il y aura une hausse de 4 à 6 %, ce qui est en dessous de l’inflation."
Qu’en est-il de la place des médecins dans la commune ?"Des médecins sont partis à la retraite et n’ont pas été remplacés. Le phénomène est bien connu et concerne toute la France. Aujourd’hui, quand un médecin part, il en faut deux pour le remplacer car leur prédécesseur faisait 60 à 50 heures par semaine. Toutefois, deux généralistes se sont installés en 2019 et nous pouvons aussi noter la présence de trois pédiatres dans notre commune. Mais nous travaillons sur un pôle médical rue de la Grassette et j’ai bon espoir que la situation se débloque."
Il y a également le projet de fermer l’école Gandaillat…"Cet établissement a la particularité d’avoir été créé pour cinq classes, mais il n’y en a que deux. Ces deux classes sont dans des bâtiments surdimensionnés. Il ne s’agit pas de fermeture, mais d’un transfert. Les parents auront le choix d’inscrire leurs enfants soit à la maternelle du Petit Prince, à 200 mètres, soit à celle des Vaugondières."
Allez-vous vous représenter pour un troisième mandat ?"Pour l’instant, nous sommes toujours dans l’action, on va aller au bout de ce mandat. Je prendrai ma décision début 2025. Nous avons vécu tellement au jour le jour, qu’il est difficile de se projeter."
"Pour nous, il n’y a pas de vision globale politique. Il n’y a pas de ligne définie avec une équipe “sans étiquette”. Nous sommes à mi-mandat, et nous attendons toujours de voir certaines réalisations comme le projet du parc de la mairie. La taxe foncière a fortement augmenté, il serait temps de comprendre pourquoi, il faut du concret", explique Jean-Luc Dubost.
L’opposition, qui se veut avant tout "constructive en participant aux débats et en donnant son aval sur différents sujets" regrette l’orientation choisie envers la jeunesse et le milieu associatif. "Les tarifs de la jeunesse ont augmenté avec notamment celui de la cantine et des activités qui lui sont destinées. Les associations subissent une baisse des subventions et pour nous, cela est antisocial. Avec toutes ces décisions, ce sont les plus modestes qui sont impactés comparés aux plus riches. Tous ces choix sont contre nos valeurs", insiste Jean-Luc Dubost.
L’avenir et la fermeture de l’école Gandaillat inquiètent l’opposition. Photo Fred Marquet
Une autre inquiétude provient de l’intention de fermer l’école maternelle Gandaillat "qui est située dans un des quartiers les plus populaires de la ville. De même, l’incompréhension demeure quand il s’agit de transformer cet établissement en centre de loisirs, alors qu’une telle structure devrait avoir sa place dans le parc des sports de la ville."
Un centre de santé ?
Jean-Luc Dubost rappelle que lui et son groupe avaient porté "un vrai projet social avec un grand intérêt pour la vie médicale de la commune grâce à la création d’un centre de santé. Nous aurions pu proposer deux ou trois postes de médecin salariés de la ville. Nos concitoyens auraient ainsi trouvé plus de professionnels de santé". Et de conclure : "Pour nous, Lempdes fait du sur place, et qui n’avance pas, recule."
ÉlectionsLe 15 mars 2020, Henri Gisselbrecht et sa liste Lempdes Avenir ont été élus avec 63,11 % des voix dès le premier tour face à Jean-Michel Calut, avec la liste Avec vous LDVG (36,88 % des suffrages).
Stéphanie Merzet