Le Tour de France reprend ce mardi entre Vulcania et Issoire : une deuxième semaine pour tout retourner ?
Vous avez aimé la première semaine du Tour de France ? Alors remettez du pop-corn à chauffer, car vous allez adorer la deuxième.
Depuis le Sancy aux reliefs du Beaujolais, en passant par la campagne bourbonnaise, le peloton va rallier les Alpes pour trois étapes promises aux étincelles, durant le long week-end du 14-Juillet. Il y en aura pour à peu près tous les goûts et on n’est pas loin de penser que celui qui enfilera le maillot jaune, dimanche soir prochain, ne sera pas loin du compte pour la victoire finale. À moins que…
Plus de place pour les baroudeurs ou les échappées ?
A regarder les profils d’étapes de plus près, on n’a trouvé qu’une seule étape destinée aux sprinteurs cette semaine. C’est celle de demain (mercredi), entre Clermont-Ferrand et Moulins, avec trois petites difficultés éparpillées avant un final idéal pour lancer les rois de la vitesse vers l’ultime préfecture de métropole à ne pas avoir accueilli l’arrivée d’une étape de la Grande boucle.
Mais à part la route qui longera la rivière Allier, Jasper Philipsen et ses concurrents pour le maillot vert ne trouveront aucun terrain fait pour leurs qualités. Que ce soit ce mardi, de Vulcania à Issoire ou jeudi, entre Loire et Beaujolais, la route va gentiment prendre de l’altitude jusqu’aux Alpes, avec des cols moins nombreux qu’entre le Pays basque et le puy de Dôme, mais plus difficiles.
Après 22 côtes de 4e et 3e catégories pour (bien) lancer le Tour, la pente sera plus raide, avec deux fois plus de cols de 2e (4) et 1re catégorie (6), et à peine moins de difficultés classées hors-catégorie (le Grand Colombier et le col de Joux Plane, contre les trois de la première semaine). Au-delà du duel entre Pogacar et Vingegaard, les tracés pourraient aussi convenir à des envies d’échappées, ou profiter à des baroudeurs qu’on n’a pas vraiment eu l’occasion de voir depuis le départ à Bilbao.
Dans les Alpes, avantage Vingegaard ?
Christian Prudhomme aime la boxe, et le directeur du Tour a vu dans le duel entre les deux premiers du général le miroir d’un combat sur un ring.
"Il y a eu un crochet du droit pour Jonas Vingegaard dans les Pyrénées, puis un uppercut pour Tadej Pogacar. Ils se rendent coup pour coup alors qu’on a fait que cinq rounds, qu’on n’est qu’au tiers du combat."
Le maillot jaune a encore été surpris par le Slovène dimanche, mais on ne peut pas vraiment dire qu’il se retrouve dans les cordes, au moment d’aborder la deuxième semaine de course. D’autant que le Danois va trouver un terrain plus favorable pour essayer d’accroître son avance réduite à 17 secondes, au sommet puydomois.
Des Tricolores à la peine"Il y a comme un élastique entre les deux, poursuit Prudhomme. Tadej Pogacar prenait centimètre par centimètre dans le puy de Dôme, mais Jonas Vingegaard a résisté. Je ne sais pas ce que ça peut donner, même si a priori le maillot jaune est plus fort quand c’est très très haut. On l’a vu au Granon l’an dernier, c’est là-bas qu’il a construit son succès."
À défaut de Granon cette année, le Danois saura certainement se "contenter" des 1.500 m du Grand Colombier, vendredi, ou des quasi 1.700 de La Ramaz, samedi. Mais la troisième semaine emmènera le peloton encore plus haut, notamment dans le col de la Loze (2.304 m), ce qui pourrait donner d’autres idées au tenant. D’autant que Tadej Pogacar, depuis son coup de mou dans Marie Blanque, a eu plus de répondant. En plus il se sent de mieux en mieux, alors…
La bagarre pourrait aussi être très tactique, très calculée, notamment pour une Jumbo-Visma qui n’a plus réussi à faire flancher le double vainqueur du Tour depuis Marie Blanque.
Et les Français dans tout ça ?
L’effet Victor Lafay dans le Pays basque a fait pschitt, et hormis les places d’honneur de Bryan Coquard dans les sprints ou la belle ascension du puy de Dôme de Pierre Latour, le supporter français reste clairement sur sa faim avec les performances des représentants tricolores.
Mais faut-il s’en étonner, ou croire à un sursaut pour cette semaine du 14-Juillet ? À celui de Julian Alaphilippe sur le parcours accidenté de ce mardi ou sur ses terres, mercredi, dans l’Allier ? La journée de repos aura-t-elle profité à David Gaudu, encore en souffrance à Orcines, dimanche ? Le Breton est toujours le mieux placé au général (8e) et assure que ses sensations sont bonnes, mais elles ne lui permettent pas encore de lutter pour un podium qui se situe tout de même à plus de quatre minutes.
Même chose pour Romain Bardet, 10e à près de sept minutes de Vingegaard : à défaut de pouvoir grimper au général, le Brivadois pourrait cibler l’une des étapes des Alpes. Enfin, pour son dernier Tour, Thibaut Pinot essaiera aussi de profiter de l’altitude pour montrer une ultime fois qu’il est vraiment grand.
Laurent Calmut