Entraîneur des championnes d'Europe belges, Rachid Meziane revient sur son passé clermontois
Rachid Meziane fut le premier à être appelé sur le balcon de l’Hôtel de ville de Bruxelles. Comme pour mieux apprécier ce "moment magique", devant 4.000 personnes réunies sur la Grand-Place pour fêter la victoire de la Belgique lors de l’Euro féminin de basket. Jamais une équipe belge, féminine ou masculine, n’avait été sacrée sur la scène internationale. Médaillées de bronze en 2017 et 2021, les coéquipières de la star Emma Messeman ont enfin réussi à se parer d’or.
"J’ai reçu énormément de messages de félicitations. Mais au-delà de ce titre, ce qui me comble, c’est que beaucoup d’experts ont aimé le jeu que nous avons produit tout au long de la compétition", apprécie l’entraîneur originaire des quartiers nord de Clermont-Ferrand. En Slovénie, les "Belgian Cats" se sont appuyées sur un basket total pour dominer la Serbie en quarts, la France en demie et l’Espagne en finale.
Une véritable prouesse quand on sait que Rachid Meziane n’a pris les commandes de l’équipe, en tant que numéro 1, qu’en novembre 2022 après l’éviction de Valéry Demory dont il était l’adjoint que depuis quelques mois. Néanmoins, celui qui est aussi coach de Villeneuve-d’Ascq en Ligue féminine, connaissait bien les forces et les faiblesses de la sélection belge pour l’avoir analysée et affrontée à plusieurs reprises lorsqu’il évoluait dans le staff de l’équipe de France (2014-2021*).
"Je suis arrivé avec les remèdes parce que je connaissais les maux. Je suis allé directement à l’essentiel. Puis, j’ai surtout managé les individus. J’ai beaucoup travaillé sur le niveau de responsabilité que chaque joueuse devait avoir et sur leur confiance."
À 43 ans, Rachid Meziane vient donc d’écrire la plus belle ligne de son palmarès, déjà riche de quatre médailles d’argent européennes et d’une de bronze olympique, lui qui a fait ses débuts dans le basket à l’ASM. "Je n'ai commencé à jouer qu’à 14-15 ans, après avoir fait du foot. Je suis vite devenu une sorte de rat des gymnases, se souvient-il. Je passais tous mes week-ends à la salle à arbitrer, à faire la table de marque, à entraîner les jeunes."
Un jeune coach curieuxPendant ses années clermontoises, il côtoie les figures emblématiques du basket local, comme David Melody. Le joueur de National 3 qu’il est a un penchant pour la culture tactique, le beau jeu. "Dès que je pouvais, j’allais observer les entraînements des équipes de haut niveau du coin, rembobine-t-il. Je suis beaucoup allé voir des coachs comme Jean-Michel Sénégal ou Jean-Louis Borg à Vichy. Avec mon pote Guillaume Vizade (aujourd’hui entraîneur de la JAVCM, ndlr), on échangeait pas mal avec Jean-Aimé Toupane quand il coachait le Stade Clermontois." Sabine Deneuve, entraîneure des filles de l’ASM, et Pascal Delaliaux, coach des garçons en N2, sont aussi des sources d’inspiration.
Un chiffre : 0Rachid Meziane n’a jamais entraîné une équipe pro masculine. "Peut-être qu’on est catalogué coach féminin une fois qu’on y est. Mais je n’ai jamais reçu d’offre concrète du basket masculin. S’il devait y en avoir une, je n’y serais pas réfractaire."
"J’étais curieux. Je posais pas mal de questions sur le jeu en lui-même. J’allais aux entraînements pour trouver de nouvelles idées tout en cherchant à les adapter au niveau de mes équipes. J’aimais bien varier les situations et stimuler les joueurs et joueuses que j’avais." Passent entre ses mains des joueurs comme Axel Toupane ou Joffrey Lauvergne.
En 2006, alors qu’il est salarié de la Ligue d’Auvergne, il suit sa compagne Stéphanie Dubois qui a signé avec le club de Challes-les-Eaux (Savoie). Il y découvre le monde professionnel en prenant d’abord la charge du centre de formation, puis en intégrant le staff pro. La machine est lancée. Rachid Meziane commence alors sa route vers les sommets de l’Europe. Avant l’Olympe ?
(*) En 2021, la sélectionneure Valérie Garnier et son staff sont débarqués de l’équipe de France. Rachid Meziane, préposé à la vidéo, n’y échappe pas. "Après 7 ans comme adjoint, j’ai compris et respecté les choix faits. Simplement, je n’ai pas trop apprécié la façon dont ça s’est fait. J’aurais aimé continuer l’aventure dans la perspective des Jeux de 2024 et assister le futur sélectionneur. »
Vincent Balmisse
Joueur1995-2003. ASM Clermont. 2003-2006. Orcines.
Clubs entraînés1997-2003. ASM Clermont (benjamins, minimes et cadets). 2003-2005. Pôle Espoirs Ligue d’Auvergne. 2005-2006. Orcines (cadets). 2006-2012. Challes-les-Eaux (assistant). 2012-2017. Cavigal Nice Basket 06. 2017-2018. Lattes-Montpellier. Depuis 2018. Villeneuve-d’Ascq.
Sélections entraînées2014-2021. Equipe de France (adjoint, préposé à la vidéo). Depuis 2022. Equipe de Belgique (adjoint puis sélectionneur).
Palmarès2015. Champion de LF2 avec Cavigal Nice Basket 06. 2015, 2017, 2019, 2021. Médailles d’argent aux championnats d’Europe avec l’équipe de France. 2020. Médaille de bronze aux Jeux Olympiques de Tokyo avec l’équipe de France. 2023. Champion d’Europe avec l’équipe de Belgique.