Emeutes : indignation générale après l’attaque du domicile du maire de L’Haÿ-les-Roses
"Inqualifiable", "un cap franchi", "un symbole de la République" visé : les messages de soutien de responsables politiques au maire de L’Haÿ-les-Roses (Val-de-Marne) et sa famille se sont multipliés, ce dimanche 2 juillet, après l’attaque de son domicile à la voiture-bélier dans la nuit. L’épouse du maire Vincent Jeanbrun (LR) et l’un de ses deux jeunes enfants ont été blessés. Une enquête pour tentative d’assassinat a été ouverte par le parquet de Créteil, la police judiciaire est saisie.
Le maire de ce chef-lieu d’arrondissement a dénoncé dans un communiqué publié sur Twitter "une tentative d’assassinat d’une lâcheté inqualifiable". Vers 1 h 30, alors qu’il se trouvait à l’Hôtel de ville "comme depuis trois nuits" pour faire face aux violences urbaines, des émeutiers "ont lancé une voiture-bélier sur (son) domicile avant d’y mettre le feu pour incendier (sa) maison", a-t-il indiqué. "Tout cela était savamment orchestré, sans considération pour les vies à l’intérieur de la maison", selon l’entourage du maire.
"Cette nuit, un cap a été franchi dans l’horreur et l’ignominie", a estimé l’élu de cette ville de plus de 30 000 habitants. "Si ma priorité est aujourd’hui de prendre soin de ma famille, ma détermination à protéger et servir la République est plus grande que jamais", a-t-il poursuivi.
Sur Twitter, le patron des Républicains Eric Ciotti a condamné "des faits d’une extrême gravité qui doivent conduire leurs auteurs en cour d’assises". "La lâcheté et l’ignominie d’une telle attaque ne le feront pas reculer. Honneur à son courage", a lancé la présidente de l’Ile-de-France, Valérie Pécresse. "Tous les caps sont franchis un à un. Dans un effondrement généralisé", a renchéri le député LR Aurélien Pradié sur le même réseau social, adressant au maire son "soutien indéfectible".
L’attaque dont ont été victimes le maire de L'Haÿ-les-Roses @VincentJeanbrun et sa famille est d’une particulière gravité.
— Aurélien Pradié (@AurelienPradie) July 2, 2023
Je veux lui dire mon amitié et mon soutien indéfectibles. Tous les caps sont franchis uns à uns. Dans un effondrement généralisé.
"Un cap a encore été franchi"
A l’extrême droite, le porte-parole du RN Laurent Jacobelli s’est indigné sur Franceinfo de cette attaque d'"un symbole de la République", "un garant de la République", en pointant l’action de "hordes sauvages qui veulent nuire à la France". Pour le président de Reconquête Éric Zemmour, "un cap a encore été franchi" et "ces sauvages ont osé toucher à sa famille, parce qu’il a le seul tort d’être maire et donc de représenter la France".
Dans la majorité présidentielle aussi, les messages de soutien ont afflué. "Bravo pour ton courage et ta détermination à servir nos concitoyens ! Ne laissons passer aucune violence, verbale ou physique", lui a écrit le ministre de l’Economie Bruno Le Maire (ex-LR). "S’attaquer à un maire, c’est s’en prendre à nous tous, à tous les citoyens. Toute la communauté nationale doit dire stop", a plaidé le ministre délégué à la Ville, Olivier Klein.
A gauche aussi, Marine Tondelier, numéro un d’EELV, a assuré que "les écologistes apportent leur soutien le plus total à Vincent Jeanbrun". "Ce qu’il a vécu est inqualifiable", a-t-elle twitté.
La nuit de samedi à dimanche a été marquée en France par de nouvelles émeutes consécutives à la mort de Nahel, tué par un policier à Nanterre lors d’un contrôle routier, mais les autorités ont relevé une décrue des violences, quelques heures après l’enterrement du jeune homme samedi.