Retour sur l'inoubliable concert de -M- à Aurillac en scène en photos
« Ferme les yeux. Dans les rêves, on peut vivre toutes les vies, car c’est l’âme qui prend les commandes de l’esprit… » Quelques mots susurrés. Le profil, connu, est reconnu. Acclamé, -M-. Icône de l’enfance. Jusqu’aux oreilles. Juste sa guitare, d’abord, qui ne révèle que le symbole de Rêvalité, et du morceau régressif Mogodo. Oui, parce qu’il s’adresse à l’enfant qui est en nous.
Et les passions s’agitent, et la jeunesse reprend vie. Des mots, flux quasi tibérien, et l’homme devient autre, il devient la stimulation générale de forces individuelles.Il est là, sous les yeux du public, cet artiste né, et qui, depuis son premier cri, n’a de cesse d’en pousser des petits, de cris. Caractéristiques. Et, de ville en ville, de circuler, de baigner dans l’exaltation populaire qu’il génère.
Un hommage acclamé à David Bowie-M- incarne la nature du charisme. Sur scène, il offre cadeau sur cadeau. Après Qui de nous deux, il rend hommage à Gail Ann Dorsey, bassiste officielle de David Bowie à partir de 1995. La voix de la choriste appelle Onde Sensuelle. Et puis, « pour tous les enfants que nous sommes encore », il envoie La Seine, que le public prend au mot.Mais il ne s’arrête pas là. Car David Bowie plane dans ses mots. Alors, il laisse la place, et l’espace à Gail Ann Dorsey. Les premières notes de Life on Mars résonnent. Le public est en feu. La transition est parfaite : le starman passe à La Bonne Étoile. « Je voudrais une connexion subtile, un silence collectif. »Le moment est trop beau, mais -M- poursuit. La perfection du moment s’inscrit dans la densité d’une scénographie intense. L’expérience artistique renforce l’enfant en chacun.-M- nous apprend qu’autre chose est possible. Par le prisme de son univers, il dégage l’esthétisme d’un monde rêvé. Et il nous atteint sans qu’on sache vraiment par quel canal. Qu’importe. Vecteur de sensations qu’on a connues, et qu’on reconnaît. Il transmet et transporte, il emporte avec lui un public retombé dans une enfance-adulte.
Un final en bain de fouleGénéreux, il invente et invite Charlie Winston à partager un duo. Ce sera Jacques Brel, et ce sera Au suivant !, dans une ambiance joviale. Tous portables levés, le public s’en délecte. Effusion ! Effervescence géniale, sous l’influence du génie en oreilles en M.Mille éclats de voix et de rire plus tard, il dégaine Je dis aime. Comme un emblème. Il est 23 h 52. « Je dis aime, comme un emblème. » Moment rêvé, plongée dans le public. Revenu sur scène, il cède au rappel : Dans ta radio scelle un show surréaliste.
Anna Modolo