Les chroniques d'Antoine Blondin sur les étapes du Tour de France dans le Sud-Ouest ressortent aux éditions Le Festin
Le Tour de France, qui s’est élancé ce samedi de Bilbao, donne cette année la part belle au Sud-Ouest avec pas moins de six étapes. C’est sous l’angle de ce même Sud-Ouest que les éditions Le Festin proposent un recueil de chroniques d’Antoine Blondin. "L’idée n’est pas de moi, mais de l’éditeur bordelais qui a vu là une belle occasion de mettre en valeur le Sud-Ouest. Nous avons sélectionné les chroniques qu’Antoine Blondin a écrites sur la région lorsqu’il travaillait pour L’Equipe, entre 1954 et 1982. Choix a été fait d’un balayage chronologique et non géographique même si, à la lecture, l’on peut constater une résurgence de certaines villes", explique Thomas Bauer, maître de conférences à l’université de Limoges et président de l’association des écrivains sportifs.
"C’était quelqu’un qui prenait le temps pour être un journaliste"Sur la centaine de chroniques compilées, huit concernent le Limousin. Principalement la Haute-Vienne et la Corrèze, parmi lesquelles Siegfried revient en Limousin, Les Gastronautes, Hochart au-dessus du Lot et Tollet général, Les rideaux de Tulle ou encore Haute-Vienne que pourra, inspirée par Raymond Poulidor : "Le Fausto Coppi de l’emblavure retrouvait ses champs et ses vallons moelleux, les boucles de ses rivières, les plaques mates de ses étangs et surtout l’accent chantant au flanc des talus qui sait rouler son nom avec délices mieux qu’aucun autre." Lauréat de nombreux prix littéraires, Antoine Blondin écrivait ses chroniques dans les villes arrivées d’étape. A chaud. Parfois même à très chaud, l’homme de lettres ayant un penchant non dissimulé pour la bouteille, comme il l’avait confirmé à Bernard Pivot, en 1988, dans l’émission littéraire Apostrophe : "Je ne me cache pas pour boire, mais pour manger. La plupart des gens font le contraire."
"Le Blondin des années 1950 n’est pas celui des années 1970. Plus les années passaient, plus il avait besoin d’être relu et corrigé. Il n’en a pas moins toujours été un remarquable joueur de mots et d’images. D’autres écrivains journalistes, comme Eric Fottorino ou Jean-Emmanuel Ducoin, ont écrit sur le cyclisme, mais Blondin, c’était autre chose, un sens unique de la formule."
Du poétique plus que du factuelSi chaque année et donc chaque chapitre sont contextualisés d’un point de vue général, les chroniques de Blondin ne le sont pas. L’on sait juste où elle a été écrite, mais pas quelle était l’étape ce jour-là ni, de fait, qui l’a gagnée. "Les vainqueurs passent au second plan. On n’est pas sur du factuel sportif, mais sur du poétique sportif" juge le maître de conférences, rappelant au passage que le style de Blondin avait tellement influé en son époque sur L’Equipe qu’on avait parlé d’un "Blondinisement" du journal.
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Selon Thomas Bauer, Antoine Blondin "était quelqu’un qui prenait le temps pour être un journaliste. Il avait un vrai sens de la fraternité. Pour lui, la vie du Tour passait par les exploits, bien sûr, mais aussi par toutes ces petites histoires. Il pouvait aussi bien écrire une chronique sur un motard de la Grande boucle que sur un fan de vélo rencontré dans un bistrot."
Chroniques du Tour de France, étapes du Sud-Ouest, aux éditions Le Festin, préfacé par Thomas Bauer. 19 €.
Pascal Goumy