Des myrtilles à cueillir en famille à Noth en Creuse
Christelle Bruère est en passe de réussir son pari. À l’automne 2021, elle quitte son travail à Limoges dans un laboratoire spécialisé dans l’insémination animale, pour se lancer dans la production de myrtilles. « J’ai mûri ce projet depuis quelques années, raconte la jeune mère de famille, qui habite à Noth. Je voulais changer de vie et arrêter de faire les allers-retours à Limoges tous les jours. »
Sur un terrain appartenant à ses parents, elle plante plus de 1.660 pieds de myrtilliers en pleine terre. « Ça a été un gros travail. Nous avons tout fait à la main, avec l’aide de copains. »L’été dernier, les arbrisseaux ont donné quelques fruits. « Nous les avons gardés pour notre consommation personnelle, pour les amis et la famille », indique la productrice. Ses deux fils, Tom et Eliott, raffolent de ces baies à la saveur douce et légèrement sucrée, qu’on mange comme des bonbons.
Un demi-hectare de plantationsChristelle Bruère a choisi de se lancer dans la myrtille car « ce sont des fruits qui sont bons et il n’y a pas beaucoup de production en France par rapport à la consommation ». « Les trois quarts sont importés, beaucoup d’Espagne et du Maroc, ajoute-t-elle. La production commence se développer en France. »
La récolte, sur un demi-hectare, s’annonce bonne cet été. La cueillette a démarré jeudi 29 juin. Les fruits sont à maturité. « Nous prévoyons 400 kilos cette année. » Christelle Bruère est accompagnée dans sa formation et son projet par la Chambre d’agriculture de la Corrèze et par le président de l’association nationale des producteurs de myrtilles, qui réside à Saint-Marc-à-Loubaud.
Elle est aussi épaulée par son mari Adrien. « C’est mon coach », sourit-elle. Il travaille dans une entreprise qui commercialise des produits naturels et biologiques pour les agriculteurs. Il a une formation agricole et est également apiculteur amateur.Christelle et Adrien
L’exploitation n’est pas labellisée bio, mais Christelle Bruère ne réalise pas de traitements chimiques. Après la taille en février, elle a désherbé tous les pieds à la main au printemps. Il a aussi fallu tondre entre les rangs.
La production devrait être essentiellement vendue grâce à la cueillette en libre-service. « Nous avons beaucoup de demande pour ça. Le cadre est sympa. Nous voudrions que les gens en profitent. » Les particuliers peuvent venir à partir du lundi 3 juillet (sur réservation). Le verger a été planté sur la presqu’île de Beaulieu. Il offre une belle vue sur l’étang de la Cazine. « Ce terrain me tient à cœur, confie Christelle. Il appartenait à mes grands-parents, puis à mes parents qui élevaient des bovins limousins. Il a une valeur sentimentale. Je voulais valoriser le site. »
On pourra aussi acheter les myrtilles en barquette, en se rendant au verger (appeler avant) ou au chalet du camping de Noth. « Nous voudrions fournir les restaurants et les pâtisseries s’ils sont intéressés. »
Des filets anti-grêleLa production devrait monter en puissance dans les années à venir. « On table sur trois à quatre tonnes de récolte au bout de sept ans, quand le verger aura atteint son rythme de croisière. » Pour le moment, Christelle est seule sur l’exploitation. Il faudra sûrement qu’elle embauche un salarié par la suite. L’objectif, pour la prochaine saison, est de mettre en place des filets anti-grêle afin de sécuriser la production.Le couple a planté quatre variétés différentes de myrtilles pour que la cueillette s’étale sur plusieurs semaines. Depuis jeudi dernier, ce sont les « blue one » qui sont ramassées. La récolte devait normalement s’étaler sur deux mois cet été. « Mais ça avance un peu plus vite que prévu. Ça va sûrement se passer en un mois. »
Pour assurer ses arrières, Christelle Bruère travaille à mi-temps à la mairie de Noth. Elle semble pour le moment ravie de son changement de vie. « Nous sommes contents de voir que ça plaît aux gens, s’enthousiasme-t-elle. Il y a la satisfaction de produire quelque chose de ses mains. On transmet des valeurs à nos enfants. On leur montre ce que c’est de produire quelque chose. Et on pourra leur léguer plus tard. »
Pratique. 3,50 € la barquette de 250 g. En libre cueillette (sur réservation) : 6 € le kg. Contact : 06.71.22.66.23. Ou message sur la page Facebook : Les perles de la Cazine.
Un super fruit !Bon pour la santé. Les myrtilles sont riches en vitamine C et en antioxydants sous forme de flavonoïdes. Elles contribueraient aussi à préserver la santé oculaire. Adapté au sol creusois. Les myrtilliers plantés à Noth semblent bien se plaire dans ce coin de Creuse. « C’est une question de climat et de sol. Il faut un terrain acide et riche en humus. C’est ce qu’on a dans nos contrées », constate Adrien Bruère.
Des fraises bio cultivées en famille dans la Creuse
Texte : Catherine PerrotPhotos : Bruno Barlier
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