Surprise de la première étape du Tour de France, Victor Lafay a tenu tête à Pogacar et Vingegaard
Il a gagné l’an dernier une étape sur le Giro et s’est offert il y a deux mois la Classic Grand Besançon en dominant à la pédale Guillaume Martin ou Thibaut Pinot. Pourtant, Victor Lafay est encore dans la deuxième division médiatique des coureurs français. Médiatique seulement, et seulement jusqu’à ce samedi. Car il a prouvé sur cette première étape qu’il figurait bien parmi le premier peloton mondial des puncheurs.
Seul homme à suivre les deux derniers vainqueurs du Tour dans la côte de Pike, le Lyonnais de naissance est le coureur du peloton qui a avalé le plus vite la dernière difficulté de la journée. Quatre minutes et quarante-deux secondes, soit sept de mieux que Pogacar. "J’avais des jambes de feu", reconnaissait-il devant le car de son équipe Cofidis, après être passé par la case contrôle antidopage.
"Dans ces moments-là, il faut se dire qu’on est le plus fort et je me suis fait confiance. Je suis presque un peu déçu de tenir une telle forme et de ne pas en avoir profité", regrettait le garçon de 27 ans, qui aborde son deuxième Tour de France dans de parfaites dispositions.
"J’ai mal joué le coup tactiquement"Déçu donc le jeune homme, car Adam Yates, le vainqueur du jour, était derrière lui quand il avait tenu la roue de Pogacar après la première attaque du Slovène. "Je pense que j’ai un peu mal joué le coup tactiquement, poursuit celui qui a finalement terminé sixième de l’étape. À un moment, j’ai tenté d’attaquer mais Pogacar a tout de suite pris ma roue. J’aurais sans doute dû me contenter de suivre et essayer de suivre les frères Yates."
En constante progression depuis son passage chez les pros en 2018, un an après son succès lors des championnats de France de l’Avenir à Saint-Amand-Montrond, Victor Lafay a tout de même un peu surpris son manager, Cédric Vasseur. "On savait que c’était lui notre meilleure carte aujourd’hui, admet l’ancien porteur du maillot jaune. Mais le voir avec Vingegaard et Pogacar dans un groupe de trois avec un gros écart derrière, on s’est dit qu’il nous sortait un très grand numéro. C’est dommage de ne pas avoir pu le voir dans un sprint pour la gagne avec ces deux-là."
Si la victoire continue de fuir Cofidis sur le Tour de France depuis quinze ans maintenant et le succès de Sylvain Chavanel à Montluçon, l’attitude de Lafay a regonflé le moral des troupes pour la suite. "C’est de bon augure pour Victor mais aussi pour le reste du groupe, poursuit Vasseur. J’espère que ça va continuer."
Avec une équipe UAE pas forcément désireuse d’assumer dès maintenant le poids de la course et du maillot jaune, l’étape de ce dimanche vers Saint-Sébastien pourrait à nouveau convenir à Victor Lafay. "Mais là encore, l’arrivée n’est pas au sommet de la dernière montée donc ça ne m’aide pas", concluait-il d’un sourire aux airs d’idée derrière la tête.
À Bilbao, Antonin Bisson