Deux pépites d’or pour cet insectivore
Mérinchal. Deux pépites d'or pour un insectivore majuscule. Puisque nous nous sommes envolés avec la buse variable la semaine dernière, profitons-en pour nous poser à côté de la buse à œil jaune, celle qui porte le nom de « bondrée apivore ».
Tous les voyants sont en effet au vert pour observer ce rapace qui passe l’été chez nous dans un paysage où les grands arbres et les espaces ouverts lui offrent la garantie d’une nourriture abondante, surtout pendant la longue période de fenaison.
La bondrée à la croisée des cheminsPerchée sur un poteau ou une branche, la bondrée apivore surveille les alentours de son regard d’aigle. Presque exclusivement insectivore, elle s’intéresse aux allers et venues des guêpes et autres hyménoptères. Quand ses repérages sont couronnés de succès, elle se laisse planer sur le terrain et, de ses serres aiguisées, elle extrait les nids du sol pour se régaler de tout ce qui s’y trouve afin de faire le plein de fortifiants. Lorsqu’elle est comme cela attablée, il est possible de l’observer pendant ses longs moments de dégustation car ses instincts farouches s’effilochent devant ses pratiques gourmandes.
Avenir incertainElle se contente souvent d’un nid de récupération abandonné au sein d’une petite forêt ou situé au cœur d’une haie pour s’établir en hauteur sous le couvert des feuilles.
Le nourrissage d’un ou deux jeunes doit absolument coïncider à la période d’abondance d’insectes. Le réchauffement climatique fait planer de nombreuses incertitudes sur l’avenir de cet oiseau qui parcourt 10.000 km pour aller et venir de ses terres africaines. Le développement rapide du frelon asiatique sur les Hautes Combrailles n’est pas non plus un élément très rassurant pour ce rapace méconnu et « sans histoire ».