La secrétaire d'Etat à l'Ecologie en visite en Creuse et dans l'Allier pour inaugurer les travaux d'interconnexion des réseaux d'eau
Le chantier devrait être terminé à la fin de l’année et la mise en service est prévue début 2024. Pour l’instant, les automobilistes sont arrêtés par des feux de circulation alternée sur la route de Boussac. Des ouvriers creusent des tranchées le long de la route départementale 997 pour enfouir de nouvelles canalisations d’eau.
Canalisations et cuve de stockageUne trentaine de kilomètres de conduites en fonte sont posées afin d’interconnecter les réseaux d’eau potable. Elles partent de l’Allier (Sivom Rive gauche du Cher) et alimentent le nord-est de la Creuse (Siaep Boussac-Gouzon), une zone qui manque d’eau.
La secrétaire d’État chargée de l’Écologie, Bérangère Couillard, est venue mercredi 31 mai de Paris pour la pose de la première pierre des travaux d’interconnexion. « L’accès à l’eau potable est une priorité du gouvernement et une attente pour les élus du territoire », a-t-elle indiqué après avoir dévoilé une plaque au réservoir des Carolles, à Archignat, dans l’Allier, à quelques kilomètres de la frontière avec la Creuse.
En plus de la création de nouvelles canalisations, une immense cuve de stockage de l’eau traitée (1.200 m3) a été construite. Ces travaux, cofinancés par l’Agence de l’eau Loire-Bretagne, permettront de sécuriser l’approvisionnement en eau potable de 8.500 abonnés. L’eau acheminée depuis l’Allier provient de la rivière Cher (barrage de Rochebut).
8,7 millions d’eurosLes syndicats des eaux de Boussac, Gouzon et Evaux-Chambon-Budelière ont fusionné en janvier 2023. Le bassin de Gouzon a dû recourir à plusieurs reprises à des citernes d’eau. Il est aussi confronté à un problème de radioactivité naturelle de l’eau. À Boussac, il y a une seule ressource principale, le barrage des Martinats. Cette absence de solution de secours rend nécessaire l’interconnexion avec l’Allier. « Ces travaux de sécurisation à Boussac et de substitution à Gouzon sont l’aboutissement de plus de dix ans de travail », a rappelé Vincent Turpinat, le président du Siaep Boussac-Gouzon. Ce chantier se chiffre à 8,7 millions d’euros pour la Creuse.
La secrétaire d’État à l’Écologie est venue soutenir les efforts des élus locaux pour préserver la ressource en eau, aussi bien côté Allier que Creuse. Elle les a rencontrés à Nouhant, Archignat, puis Boussac-Bourg.
Elle a rappelé que l’État a participé « à hauteur de 50 % » dans le financement des travaux d’interconnexion entre les deux départements. « Nous sommes dans un territoire rural qui a connu, notamment l’an dernier, des problèmes d’approvisionnement en eau, a-t-elle noté. Dix-sept communes ont manqué d’eau et ont fait l’objet de citernage. Ce projet vient sécuriser l’approvisionnement en eau. »
Aller vers la mutualisationBérangère Couillard a salué la création, en mars dernier, du syndicat mixte d’eau potable de la Creuse, présidé par le maire de Boussac-Bourg Hervé Grimaud. Il rassemble pour le moment cinq unités de gestion : l’Agglomération du Grand Guéret, Boussac-Gouzon, la Rozeille, la Vallée de la Creuse et Ahun, soit près de la moitié de la population creusoise. « Nous avons bon espoir que d’autres nous rejoindront bientôt », a lancé Vincent Turpinat.A Archignat
« Je vous encourage à poursuivre les efforts. Plus on mutualise, plus on a des capacités d’ingénierie et c’est de ça dont manquent les territoires ruraux, a estimé la secrétaire d’État à l’Écologie. C’est à l’échelle supra-départementale qu’il faut envisager la mutualisation. Il y a un certain nombre de communes qui veulent garder la compétence eau. Ça n’est pas raisonnable compte tenu du fait qu’on va avoir une baisse de la pluviométrie et que certaines communes vont connaître des difficultés cet été. Il faut qu’elles acceptent la mutualisation pour que ça puisse mieux fonctionner dans le département. » Le syndicat mixte des eaux de l’Allier, qui existe depuis 25 ans, est le modèle à suivre.
Réduire la consommationLe Plan eau, présenté par le gouvernement le 30 mars dernier, prévoit d’importants moyens financiers supplémentaires (20 % de plus pour les agences de l’eau), notamment pour des remises à niveau de canalisations. Il a aussi fixé l’objectif d’atteindre -10 % d’eau prélevée d’ici 2030. « Tout le monde va devoir participer, a insisté la secrétaire d’État. Il y a bien sûr les ménages et les collectivités, mais aussi tous les secteurs économiques : l’industrie, l’énergie et l’agriculture. »
Manifestation Un comité d’accueil assez bruyant attendait la ministre devant la salle des fêtes de Boussac-Bourg.?
Texte : Catherine Perrot Photos : Bruno Barlier
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