Le Centre Hospitalier La Valette de Saint-Vaury (Creuse) fête ses soixante ans, en retard, ce jeudi 1 juin
De la fin de matinée jusqu’à la fin de journée, le CHS La Valette accueille ses partenaires lors de « portes ouvertes sur invitation » pour commémorer les 60 ans du lieu. Rencontre avec Arnaud Garcia, directeur délégué, en compagnie de Line Adam, directrice des soins.
Pourquoi un tel événement ?
C’est important de célébrer les décennies et d’avoir un moment en commun. D’autant plus qu’on vient de passer deux années compliquées avec la pandémie et les changements de direction. L’équipe actuelle est en place depuis mai 2021, on est plus sereins. Des portes ouvertes, on en fera de véritables, ouvertes au public. Mais cet évènement sert surtout à rendre hommage au personnel, 500 personnes en tout, qui a su sans cesse se réinventer face aux difficultés pour continuer à prendre en charge les patients.
Car la situation est compliquée pour la psychiatrie en Creuse…
Comme pour tout domaine médical. On n’échappe pas au problème général de la pénurie de praticiens. Leur nombre est bien insuffisant. Pour la pédopsychiatrie, il n’y a personne alors c’est Limoges qui s’en charge. Ce manque de personnel, empiré par la loi RIST pour encadrer la rémunération des intérimaires, nous a ainsi amenés à innover.
Arnaud Garcia, directeur délégué et Line Adam, directrice des soins, en poste depuis 2021
Quelles solutions avez-vous trouvées au CHS ?
Il a fallu optimiser le temps des psychiatres. Avec une prise en charge qui passe tout d’abord par des infirmiers en pratique avancée et des paramédicaux afin de bien déterminer les besoins du patient et les orienter au mieux. Voici le premier rempart pour filtrer avant le psychologue et enfin, le psychiatre, dernier niveau. Nous collaborons aussi avec le centre hospitalier Esquirol de Limoges.
Le CHS s’en sort donc plutôt bien sur la prise en charge ?
Oui, l’hôpital a même été certifié d’un A après la visite d’inspecteurs de la Haute Autorité de Santé ! Le seul niveau supérieur est A+. On est bien loin du D. Il y a toujours une personne d’astreinte pour une permanence 24 heures/24 et 7 J/7 tout le long de l’année en Creuse. Outre les solutions pour pallier le manque de praticiens, afin d’assurer la qualité de la prise en charge, il faut prendre soin de la qualité de vie au travail du personnel.
C’est-à-dire ?
L’établissement a soixante ans alors il faut bien le moderniser. On a refait l’électricité et mis à jour le matériel informatique. Niveau plus anecdotique, on a changé les chaises et pour ceux qui travaillent de nuit, le confort n’est pas négligeable. Tous ces investissements, à hauteur de 2 millions d’euros par an, représentent un levier d’attractivité. Les logements permettent de capter des professions en tension, avec l’accueil de toute une famille. On a aussi commencé des groupes de travail pluridisciplinaires pour concerter le personnel sur l’organisation au sein de l’établissement.
Cette fête d’anniversaire est également ouverte aux partenaires. Quel rôle ont-ils ?
En psychiatrie particulièrement, le suivi doit se faire au-delà des murs de l’hôpital. Nous sommes fiers de notre maillage territorial avec le maintien des sites périphériques à Guéret, La Souterraine, Blessac, Boussac, Fleurat, Evaux-les-Bains, Bourganeuf, Aubusson et les équipes mobiles mais les partenaires sont aussi essentiels à ce niveau. Car l’hospitalisation doit être un dernier recours. On travaille avec l’Apajh, l’Adapei, l’Alefpa, la MDPH et l’Éducation nationale côtés enfants. Sans oublier la ville de Saint-Vaury, gros soutien de l’hôpital.
Propos reccueillis par Charlotte Mathiot