Pour le nouveau président du syndicat de l'eau creusois, "le but premier est de sécuriser la distribution d’eau potable"
Le fameux syndicat de l’eau creusois annoncé a vu le jour fin mars. Tout nouvellement élu, son président, Hervé Grimaud, par ailleurs maire de Boussac-Bourg, définit l’ordre de bataille pour demain et fixe le cap pour l’avenir avec, en ligne de mire, l’adhésion d’un maximum d’entités gestionnaires de l’eau.
Avec la situation actuelle en Creuse et une ressource en eau de plus en plus faible, la mutualisation de la gestion de l’eau devenait pressante…
Plus ça va plus la ressource en eau se raréfie chez nous. Au niveau du département on n’a pas de nappes phréatiques, mise à part celle de Gouzon qui est polluée. Alors il était urgent de mutualiser les moyens pour conforter nos ressources. Mais les compétences du syndicat vont plus loin. Nous avons aussi comme objet d’étude la création et l’exploitation de nouveaux ouvrages de pompage, traitements et de stockage pour la production d’eau potable, l’étude.
Aujourd’hui, on l’imagine, il y a fort à faire. Quelles sont les priorités de ce syndicat de l’eau??
Chaque unité de gestion de l’eau doit être sécurisée. Déjà parmi les cinq fondateurs (à savoir Boussac/Gouzon, la Vallée de la Creuse, la Rozeille, l’Agglo du Grand Guéret et Ahun), les urgences sont connues. La construction d’une nouvelle usine à Ahun, la sécurisation de l’alimentation pour l’Agglo du Grand Guéret ainsi que pour le secteur de Gouzon-Boussac… Le but premier est vraiment de sécuriser la distribution d’eau potable en Creuse. Ça passe par des interconnexions. En cas de pollution de la ressource principale de telle unité de gestion, elle a une solution. Par ailleurs, grâce à des ressources interconnectées, certains excédentaires pourront donner aux déficitaires… Et éviter que des citernes se baladent sur les routes pendant l’été.
Ce mercredi 31 mai, Bérangère Couillard secrétaire d’État de la Transition écologique, se rend en Creuse pour parler de l’approvisionnement de l’eau justement. Concrètement qu’attendez-vous de l’État??
Évidemment nous allons parler de la problématique de l’eau en général avec la secrétaire d’État. C’est un aspect très important en Creuse. Ceci dit, de notre côté on attend un soutien. Pour donner un ordre d’idée, nous avons fait une pré-étude concernant les travaux nécessaires sur les cinq unités de gestions fondatrices du syndicat. La note atteint les 40 millions d’euros. On attend donc des subventions. Mais d’autres entités ont un rôle, aussi, à jouer, comme l’agence de l’eau ou le Département…
Alors on imagine que l’enjeu à terme est de réunir le plus de gestionnaires possibles du département…
Aujourd’hui la Creuse, c’est 78 UGE (Unités de gestion de l’eau). La gestion de l’eau est éclatée. Avec les cinq fondatrices, on couvre plus de la moitié de la population creusoise. Mais pour sécuriser toutes les ressources, il faut évidemment qu’un maximum d’entités se joignent à nous. Nous sommes conscients que ça ne se fera pas comme ça du jour au lendemain. Si on prend l’exemple du syndicat de l’eau de l’Allier : la ville de Montluçon a fini par y adhérer il n’y a que dix ans. Alors que l’entité existe depuis 1992?! Mais on entend s’étendre à tous ceux qui veulent adhérer. Il faut savoir que chaque entité pourra s’abonner le 1er janvier de chaque année.
Propos recueillis par Léo Candas
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